Le Martin Roselin
FrG.
FENTE Fe
AE Se da Fa NES Ne pen
les Martins. Deux couples de ces oiseaux furent rapportés et mis, cette fois, sous la protection des lois. En quelques années les sauterelles avaient disparu. Pour tout dire, après qu’ils eurent purgé l’île Bourbon des redoutables insectes qui la mettaient au pillage, nos oiseaux ne trouvant plus à se nourrir de matières animales, se prirent à dévaster les champs de blé, de maïs, de fèves et à dévorer les fruits. Ils devinrent, à leur tour, un véritable fléau. Malgré tout, les Martins sont de véritables bienfaiteurs pour les contrées que visitent les sauterelles. En 1868, M. Grandidier en a introduit en Algérie, il est à souhaiter que le Gouvernement favorise l’entreprise commencée par ce naturaliste, Le rôle de ces oiseaux est si bien apprécié que les Tartares et les Arméniens considèrent le Martin Roselin comme une sorte d'oiseau sacré: «C’est au point, dit M. Nordmann, que, toutes les fois que leurs terres sont menacées des ravages de quelque essaim de sauterelles, non seulement les habitants des provinces situées au-delà du Caucase, mais encore les Tartares de la Crimée, employent un procédé particulier au moyen duquel ils espèrent attirer les Martins Roselins. Voici quel est ce procédé: Non loin du couvent d'Etchemiadsin, en Arménie, et du village d’Argouri, situé au pied de l’Ararat, il se forme une source dont l’eau passe pour être sacrée. Dès que les sauterelles se montrent, on va cher- : cher une certaine quantité de cette eau, et celle-ci n'est pas plus tôt arrivée que les oiseaux paraissent pour commencer la destruction. Dans la Crimée et dans plusieurs endroits des provinces transcaucasiennes, on conserve constamment de cette eau sacrée, et, lorsqu'elle vient à manquer, on dépêche des exprès pour aller au pied de l’Ararat, en chercher une nouvelle provision. »
Les Martins ne fuient pas la présence de l'homme; ils se tiennent volontiers dans les lieux humides, à proximité des” cours d’eau, et, dans les pâturages, on les voit, au milieu des
troupeaux, se percher sur le dos du bétail, et enlever aux bêtes à cornes les parasites qui les tourmentent et les larves qui se logent sous la peau. Parmi les insectes, ils ne détrui- Sent pas seulement les Orthoptères, mais aussi certains Coléoptères et Hémiptères.
Nidification. — Les procédés de nidification des Martins ne sont guère connus que pour deux espèces le Martin triste et le Martin Roselin. Le nid du premier, formé de matériaux grossiers, est attaché aux aisselles des feuilles du palmier-latanier ou d’autres arbres ; on trouve quelquefois ce nid dans les greniers. Le Martin Roselin niche dans les masures abandonnées, les ruines et les creux d’arbres.
LE MARTIN TRISTE. — }abitat, caractères. — Le Martin triste, dont on s’est servi à Bourbon pour y détruire les sauterelles, habite le Bengale, l'île de France et Java; il ala tête et le cou noirâtres, le dessus du corps d’un brun marron, la poitrine et la gorge grises.
Le MARTIN ROSELIN. — Habitat, caractères. — Le Martin Roselin habite l’Asie et l'Afrique, il passe accidentellement dans l’Europe méridionale, et visite irrégulièrement la France, surtout le Midi. En 1838, on en vit plusieurs bandes s'installer dans la Provence et y séjourner un mois. Le mâle a le cou, les pennes des ailes et la queue noirs, avec des reflets verts et pourpres ; la poitrine, le ventre, le dos, le croupion et les petites couvertures des ailes roses.
Captivité. — En captivité, les Martins s’apprivoisent facilement, ils deviennent aussi familiers que les étourneaux ; retiennent aisément les sons qu'ils entendent et les reproduisent avec fidélité. Leur talent d'imitation les fait rechercher dans les contrées de l’Inde.
Particularité propre aux Martins. — Chose curieuse : Nordmann affirme, pour l'avoir observé avec soin, que de grandes volées de Roselins, composées d’un nombre à peu près égal de mâles et de femelles (ce qui rend le fait
encore plus extraordinaire) ne vaquaient pas à l’œuvre de la reproduction et vivaient dans un célibat complet. Il a acquis la certitude que, parmi ces volées, il n'y avait pas un seul couple apparié. Le fait pourrait s'expliquer si les bandes dont il s’agit avaient été composées exclusivement d'oiseaux jeunes et incapables encore de reproduire; mais Nordmann a bien positivement constaté qu’elles se composaient d’individus âgés d’un, de deux, de trois ans et même au delà.