‹ La plume des oiseauxChapitre 34 sur 110 · LES HOCCOS · texte numérisé non relu

LES HOCCOS

d'un vert doré clair, à étroite bordure foncée ; plumes du bas du dos jaune doré à hachures foncées ; couvertures supérieures de la queue rouge clair, rayées et tachetées de noir; ventre d’un blanc pur; rémiges brunâtres; telles sont les teintes dominantes de ce superbe oiseau, originaire de l’'Yu- Nan occidental et probablement aussi du Thibet.

Les Hoccos. — Distribution géographique. — Toutes les espèces de Hoccos habitent le sud et le centre de l'Amérique et le sud du Mexique.

Le Hocco alector (fig. 36) se trouve dans l’intérieur du Brésil, depuis la Guyane jusqu’au Paraguay ; le Hocco caronculé, sur la côte orientale du Brésil, depuis Rio-de-Janeiro jusqu’à Bahia ; le Hocco roux au Pérou et au Mexique.

Tous les Hoccos sont habitants des bois qu'ils ne quittent qu’accidentellement et pour quelques instants. On les rencontre fréquemment à terre où ils courent très rapidement ; le plus souvent on les voit perchés. En liberté, ils se nourrissent presque exclusivement de fruits.

Chasse. — La délicatesse de la chair du Hocco fait rechercher cet oiseau. C'est à l’époque des amours qu’il est le plus facile à approcher. En ce temps de passion, il perd toute prudence et toute circonspection ; il ne fait pas même attention au chasseur qui s’avance., À toute autre époque d’ailleurs, les Hoccos, qui vivent dans les forêts éloignées des habitations, ne paraissent pas avoir grand peur de l’homme; ceux, au contraire, qui se tiennent plus près des - lieux habités deviennent craintifs à l’excès et s’épouvantent au moindre bruit. On dit que, lorsqu'un, des leurs a été abattu d’un coup de feu, les survivants, avant de chercher d fu restent immobiles auprès du cadavre de leur compagnon et le regardent avec stupeur. Le chasseur profite de ce moment pour redoubler ses décharges.

Dans la plupart des établissements des Indiens, les Hoccos vivent en captivité, On raconte que ces Hoccos domestiqués

proviennent d'œufs ramassés dans la forêt et qu’on fait

couver par des poules. Nous ne savons ce qu'il peut y avoir

de vrai dans cette opinion ; elle ne manque pas de vraisemblance, si l’on songe à la difficulté que l’on a éprouvée jusqu'ici à obtenir la reproduction des Hoccos en captivité. Captivité. — De nombreux essais ont été tentés, cependant, dans le but d’acclimater ces oiseaux, de les faire nicher et couver en volière, en vue d'augmenter la population de nos basses-cours. Les amateurs ont, jusqu’à présent, éprouvé plus de mécomptes qu’ils n’ont remporté de succès, Cela est d'autant plus regrettable que les Hoccos se privent facile-

ment et sont susceptibles d’attachement pour les personnes

qui les soignent. En 1864, Aquarone est parvenu à élever un certain nombre de jeunes Hoccos, en les nourrissant comme des faisandeaux, les premiers jours d'œufs durs hachés avec de l'herbe et mélangés avec de la mie de pain; un peu plus tard, de chènevis, de riz, de petit blé, de navette et d’alpiste. De temps en temps, il leur donnait des larves, des insectes, de petits mollusques et des baies d’arbustes. « Au résumé, dit-il, ces animaux ne sont pas difficiles sur la nourriture; ils s’accommodent de tout ce que vous leur donnez. J’élève ces animaux comme les poulets, c'est-à-dire qu'ils courent les champs avec leur mère tout l'été et tout l'hiver; mais, quand vient le printemps, je suis obligé de les tenir enfermés, sans quoi ils m'enlèveraient, dans très peu de temps, toutes les jeunes pousses des arbres. Ce sont des animaux qui ne pourront jamais vivre à l’état de liberté sans occasionner de grands dommages aux arbres ; ils négligent le sol, on les voit sans cesse perchés et s’amusant avec leur bec à casser les brindilles des arbres, et, pour peu qu’un arbre soit fragile, on voit bientôt la terre jonchée d'une grande quantité de petites branches de l’épaisseur de deux centimètres. Sans cet inconvénient, on pourrait très

bien les laisser libres, car ils ne s’écartent jamais de leur

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Fic. 36. — Le Hocco alector.

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habitation ; ils viennent quand on les appelle et, le soir, ils se perchent sur les arbres les plus élevés. »

Les Lophophores. — Distribution géographique. — Sur les monts Himalayens, depuis les premiers contreforts qui descendent vers l'Afghanistan jusque dans le Sikim et le

Boutan, à une altitude de 2000 ou 2300 mètres au-dessus du niveau de la mer, habite le plus beau de tous les Gallinacés :

le Lophophore resplendissant.

Ce magnifique oiseau a 72 centimètres de long et 91 centimètres d'envergure. Le vert métallique, le rouge pourpre ou carmin, le vert de bronze à reflets dorés, le vert violet ou bleuâtre dont se compose le plumage du mâle, lui font la plus éclatante, la plus merveilleuse parure que l’on puisse imaginer. La femelle, plus petite, porte un costume moins brillant (fig. 37).

Chasse. — pa abondant dans la montagne, l'été, le Lophophore s’y laisse rarement apercevoir ; il s’y tient à l'abri des massifs de lianes touffues, que le regard ne peut

pas pénétrer. L'hiver, au contraire, quand les frimas ont

fait tomber les feuilles, la forêt parait remplie de ces oiseaux

que l’on rencontre par grandes bandes, si bien qu’on en peut

faire lever plus de cent en un seul jour de chasse.

Tant que durent les beaux jours, les Lophophores sont prudents et craintifs; mais, lorsque l'hiver est venu et que le besoin les pousse, ils dépouillent leur défiance naturelle et se laissent voir et approcher plus volontiers. Pendant les grands froids, on les tue souvent à la course ou au perché.

Régime. — La nourriture de ces oiseaux consiste en racines, en feuilles, en jeunes pousses d’herbes, en baies de toute espèce, en noix, grains et insectes, et comme leur bec est parfaitement conformé pour qu’ils puissent fouir le sol, ils en usent, pour déterrer les larves qui y sont enfoncées. La femelle fait son nid au printemps, elle l’établit sur un buisson ou dans une touffe d'herbe et y pond cinq œufs d’un

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