‹ La plume des oiseauxChapitre 42 sur 110 · AG) CL) LALE LD · texte numérisé non relu

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F1G. 46. — Le Nandou d'Amérique.

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antérieure de la poitrine et ligne naso-oculaire, noirs ; milieu du cou jaune ; gorge, joues et haut des côtés du cou, gris de plomb clair ; dos, côtés de la poitrine et ailes d’un cendré brunâtre ; face inférieure du corps blanc sale ; l'œil grisde perle ; parties nues de la face couleur de chair; bec gris brun, pattes grises. | Le Nandou de Darwin ou Nandou nain est le plus petit du genre : son plumage est gris brunâtre clair, à rayures plus claires, toutes les plumes ayant près de leur extrémité un liseré blanchâtre. ss Quant au Nandou à long bec, il est brun foncé, a le bas | du cou noir et le haut blanchâtre. ot Le Nandou proprement dit, qu'il ne faut pas confondre avec l’Emeu, comme l’appellent improprement les Portugais du Brésil, a recu différents noms. On l'appelle ici Nandu, là Autruche d'Amérique, Autruche de Magellan, Autruche d'Occident, Autruche de la Guyane, et de bien d’autres manières encore. Il est plus petit que l’Autruche d’Afrique. La tête est faite comme celle de l’Oie; mais, si ce n’est qu’il porte aux pattes trois doigts en avant, tandis que les Autruches n’en ont que deux placés de la même manière, » aucun caractère saillant ne le distingue complètement de ces 2 derniers oiseaux. Cependant, on peut dire qu’il a les ailes encore plus courtes que celles de l’Autruche, le bec aussi long que la tête, et l'ouverture du conduit auditif externe munie de soies. Il ne dépasse guère 1",69 en hauteur et les > femelles sont plus petites que les mâles. La couleur générale | ‘À des Nandous est, comme nous l'avons dit, gris cendré "# bleuâtre,avec des teintes plus foncées sur certaines parties du corps, plus pâles, au contraire, et presque blanchâtres sur d’autres. Es:

Mœurs. — Ces grands, oiseaux à la démarche grave, au … 7 cou l élevé, au dos At qui de les vallées les plus ro

pénètrent guère dans les bois épais, mais ils aiment les forêts clairsemées d’algarrobes et visitent volontiers les bosquets de myrteset de palmiers, isolés au milieu des espaces couverts de hautes herbes. On les rencontre surtout dans les vastes plaines découvertes, dans les terrains marécageux et sur les bords des ruisseaux qui se jettent dans les grandes rivières. On les y trouve soit par petites troupes, composées d'un mâle accompagné d’une demi-douzaine de femelles, soit, après la saison des amours,par bandes assez nombreuses, composées de 30 à 60 individus.

Les Nandous étaient autrefois très communs sur les bords du Rio-de-la-Plata, dans les plaines de Montévidéo et dans les pampas de Buenos-Ayres. Mais la grande culture qui a envahi si rapidement ces vastes contrées les a rejetés peu à peu plus loin des villes.

Là où l’on ne chasse pas les Nandous, ils s'approchent des villes.

« D’après Bœcking, cet oiseauest un excellent observateur, et 1l sait comment se conduire suivant les circonstances. Autour des habitations où on le laisse en paix, il devient assez confiant pour circuler au milieu des chevaux et des bœufs, et ne s’écarte que du chemin de l’homme ou d'un chien. Il pait au milieu des troupeaux, sans crainte: il est en quelque sorte à demi domestique. Il évite les cavaliers ; mais il ne fuit pas devant le blanc qui n’est pas accompagné de chiens ; c’est tout au plus s’il se détourne d’une centaine de pas en regardant avec curiosité plutôt qu'avec crainte. Il fuit, au contraire, avec anxiété le gaucho qui le chasse, et emploie toutes les ruses dont il est capable pour lui échapper. Jamais on ne le voit auprès du rancho d'un indigène, et il ne se méle à ses troupeaux que loin de sa demeure. On l’aperçoit plus souvent au milieu des bandes de cerfs des steppes, et l'on voit alors tantôt un Nandou, tantôt un cerf lever la tête, et à l'approche d'un danger,

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tous fuient dans la même direction. L'arrivée d’une tribu d’Indiens cause au Nandou une frayeur incroyable. Il s'enfuit avec rapidité à plusieurs lieues de distance et fait partager son effroi à d’autres bandes, les entraine dans sa fuite, et souvent aussi entraîne avec elles des troupeaux de bœufs ou de chevaux. Dans les contrées désertes, là où il voit rarement l’homme, il a peur du cavalier, tandis que le piéton ne l’effraie pas ; il semble ne pas faire grand cas de celui-ci. »

Chasse. — Les gauchos s’adonnent avec passion à la chasse des Nandous, ils fondent à toute vitesse surles pauvres bêtes qui fuient avec une extraordinaire rapidité, disposant leurs ailes en arrière, afin de donner prise au vent et pour accélérer leur course. Elles font feinte sur feinte pour tromper le chasseur, jusqu’à ce qu’elles succombent em-

pêtrées dans le lazzo que l’adroit gaucho fait vivement tour-

noyer au- dessus de sa tête, avant de l’abattre sur sa proie. «J'avais souvent vu les gauchos chasser aux Nandous avec toute l’adresse imaginable, dit un voyageur, parlant d’une chasse à laquelle il venait d’assister ; mais, cette fois, leschasseurs indiens mirent une telle dextérité dans le ma-

niement de leurs bolas que presque dans le même instant,

trois ou quatre de ces oiseaux étaient pris et dépouillés de leur peau et de leurs plumes. » La bola est une espèce de lazzo composé d’une longue corde terminée à chaque bout par un poids en forme de poire qui vient se nouer sur la corde une fois qu’il s’est enroulé autour de l’objet visé par le chasseur. Celui-ci a souvent à souffrir des atteintes du bec du Nandou, arme d’une trempe si solide qu'elle briserait une pierre. Les ruades de cet oiseau ne sont pas moins à redouter que les atteintes de son bec : elles peuvent meurtrir et terrasser l’homme le plus robuste.

On chasse aussi le Nandou au fusil, mais cet oiseau a une force de résistance considérable et bien souvent, quoique

grièvement blessé, il s'enfuit au loin sans qu’on puisse le capturer. Pour aborder une bande de Nandous et les surprendre, le chasseur doit s’avancer toujours sous le vent et en rampant pour se dissimuler. De temps à autres, il agite un morceau d’étoffe destiné à attirer et à fixer l'attention de ces oiseaux, qui, plus curieux que défiants, s’approchent peu à peu, tendant le cou comme des bêtes inquiètes, poussant en avant, puis reculant, pour revenir bientôt à bonne portée du chasseur qui les guette. La détonation de l’arme ne paraît pas effrayer les Nandous, et si quelqu'un d’eux est tombé frappé d’une balle, les autres accourent et se livrent autour de leur camarade blessé à des gesticulations grotesques, à des mouvements et à des sauts désordonnés. Un second coup de feu vient d'ordinaire interrompre cette danse funèbre,

C’est grand’pitié que l’on détruise aussi inconsidérément un oiseau véritablement utile. Sans doute on peut reprocher aux Nandous les déprédations qu’ils commettent dans les jardins potagers des habitants; mais, d’une part, ces actes de pillage sont assez rares, et d'autre part, il dépend des colons d’en prévenir ou d’en empêcher le retour, en clôturant leurs domaines. Tout bien considéré, les services que rend cet oiseau compensent largement les dégâts qu’il peut commettre. D'abord il dévore un grand nombre d'insectes nuisibles, et surtout il se repaît des graines des plantes épineuses qui, dans certaines localités, sont un fléau pour les éleveurs de bétail. Ces graines crochues s’attachent au crins des chevaux et des bœufs et à la laine de moutons, gâtent ces produits en les agglomérant et en les nouant entre eux et les rendent plus difficiles à mettre en œuvre. D'un autre côté la présence de ces piquants irrite la peau des animaux, y attire la vermine et occasionne chez la plupart des maladies qui se terminent souvent par la mort. Ne fut-ce qu’àce titre, la vie des Nandous devrait être protégée. Malheureusement

l’imprévoyance des bergers, qui à l’époque dela reproduction

de cet oiseau mettent le feu aux chaumes des steppes, dans lebut de détruire les animaux nuisibles, fait périr quantité

de couvées et nombre d'adultes, sans préjudice de ceux qui.

meurent victimes de certaines espèces de moustiques et d’un entozoaire qui s’installe entre la peau et les muscles de ce volatile.

Domestication. — Tes Nandous, surtout lorsqu'ils ont été pris jeunes, s'apprivoisent facilement. Ils parcourent les appartements et les rues et s’éloignent dans la campagne quelquefois à la distance d’une lieue, toujours sûrs de retrouver leur asile. Ils sont fort curieux, s'arrêtent devant les fenêtres et devant les maisons pour regarder ce qui s’y passe.

On les nourrit d'herbes et de viande, en captivité ; à l’état sauvage, ils sont essentiellement herbivores. De même que les Autruches proprement dites, ils sont gloutons, recherchent les objets brillants et avalent volontiers des pis de métal et de petites pierres.

Le Nandou niche dans la pampa, il y creuse un nid dans le sol, qu'il tapisse quelquefois d’un peu de paille et de brindilles de bois ; très souvent la femelle dépose simplement ses œufs dans les excavations qu'ont laissées les taureaux

sauvages en se roulant dans la poussière, pour s’y débarasser

de la vermine. Le nid estordinairement établi en un lieu sec, bien gardé des inondations, et protégé contre les regards indiscrets par des chardons et de hautes herbes. Le nombre des œufs est de quinze en moyenne; ils sont d’un

blanc jaunâtre, semés de petits points d’un jaune vert ; mais

cette coloration ne résiste pas aux ardeurs du soleil, et tourne au bout de huit jours au blanc pur.

Le mâle seul se charge de l’incubation et de l’éducation | h des petits, c'est lui qui les conduit aux champs et qui leur

choisit la nourriture qui convient à leurs jeunes estomacs.

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On dit qu’il défend ses œufs et ses poussins avec une rare énergie contre les mouflettes, les rats à poche et les serpents. Quant à la femelle, elle estime sans doute, qu'une fois sa ponte faite, elle a rempli tout son devoir et qu’elle n’a plus à s'inquiéter de soigner sa jeune famille.

Dans les essais de domestication qui ont été tentés, ces années dernières, au Jardin des Plantes de Toulouse et dans divers parcs appartenant, en France, à des particuliers, de curieuses observations ont pu être faites sur des couples de Nandous reproducteurs.

Un éleveur a vu la femelle venir déposer ses œufs auprès du mâle accroupi sur le nid, ce mâle les rapprocher avec son bec, sans se lever, et les faire couler doucement sous lui pour les tenir au chaud ; il arrive parfois que plusieurs femelles font leur ponte dans le même nid, et le pauvre mâle a la constance de couver assidûment tous ces œufs, et après l'éclosion, d'élever avec la plus tendre sollicitude, toutes ces nichées issues de différentes épouses.

Emploi de la viande, des œufs et de la graisse. — Les œufs du Nandou ont une saveur agréable; ils sont fort estimés des indigènes. Pour faire cuire ces œufs, dont chacun équivaut à quinze œufs de poule, ils cassent un des bouts, enlèvent le blanc, brouillent le ‘jaune qu'ils assaisonnent d’un peu de graisse, de sel et de poivre et font chauffer le tout dans la coquille même.

Quant à la chair de cet oiseau, elle ressemble un peu à la chair du cheval; elle n’est donc pas très appréciée par les Européens, Les Indiens, au contraire, s’en régalent. Pour la graisse, elle sert à tous les usages culinaires, mais elle rancit vite.

Les Nandous de l'Amérique du Sud ne sauraient résister longtemps à la guerre acharnée qui leur est faite ; ils ne pourraient être sauvés que si l’on se décidait à les élever dans des fermes, comme cela se pratique pour les Autruches ;

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malheureusement la domestication du Nandou, dont le plumage est infiniment moins recherché que celui de l’Autruche, paraît ne devoir prendre que peu d'extension. De plus, le caractère autoritaire de cet oiseau qui veut régner en maître dans la basse-cour, et qui distribue à tous les volatiles qui lui déplaisent de magistrales et souvent mortelles corrections, le font tenir par les éleveurs en moindre estime que l’Autruche.

« La destruction de cet oiseau est très prochaine, dit M. Oudot, si l’on ne prend les mesures nécessaires pour l'empêcher; c'est par deux cent ou trois cent mille que ces oiseaux sont abattus chaque année, pour en exporter les plumes sur les marchés de l’Europe. Aujourd'hui on n’en rencontre presque plus, et l’on peut traverser les pampas de Buenos-Ayres, pendant des centaines de lieues, sans en aperçevoir un seul.

« Il serait très facile d'établir un fermage de Nandous, soit dans leur pays originaire, soit sur les Hauts-Plateaux de l’Algérie, dont le sol et l’immense étendue seraient tout particulièrement favorables à cet élevage.

« Ces oiseaux sont faciles à domestiquer, mais au moment du rut ils ontune grande tendance à s’chapper de leurs enclos pour courir la campagne, afin d’aller pondre et couver dans les buissons, loin de toute habitation.

& Un fermier de la Plata a remarqué que, si l’on pouvait recueillir les œufs, dans un ‘nid d'oiseaux sauvages, quinze jours avant leur éclosion,et les garder dans une chambre chaude au milieu de couvertures de laine et de coton, ces œufs viendraient facilement à l’éclosion.

« Cette observation n’a rien qui me surprenne, car dans les derniers temps de l’incubation, les œufs acquièrent une telle chaleur par le développement de l'embryon que, la plupart du temps, j'ai été obligé, pendant le jour d’éteindre le foyer ou la lampe de mon incubateur, pour ne pas être

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débordé par l’excès de température qui se développait dans mon appareil.

« Il n’existe pas de fermage proprement dit de Nandous dans la Plata ; plusieurs fermiers cependant en entretiennent quelques couples pour la ponte des œufs, qui constituent une alimentation excellente.

« Il y a bien, quelque part, dans l’arsenal des lois et des décrets des républiques hispano-américaines, une loi qui interdit la chasse des Nandous pendant l’époque de la ponte, mais cette loi n’est pas appliquée, et la destruction complète de ces oiseaux est imminente, si l’on s’en rapporte au chiffre que j'ai donné plus haut et qui se trouve encore au dessous de la vérité.

La plume de Nandou. — Le tableau d'exportation des plumes de Nandou, en 1874, démontre les quantités considérables qui ont été exportées uniquement des ports de la République Argentine :

Aux État-Unis. . . . 19.000 kilogrammes. 208.400 francs. Hrance 7.0... «7 18.000 -- 198.400 — MIS terre". 4 + 2000 — 27.250 — Autres contrées. . . 21.000 — 233.500 —

Mais, depuis 1874, l'exportation des plumes de Nandou a diminué d’une manière considérable, par suite de la folle destruction de ces oiseaux.

M. Carel, du Havre, un des plus grands importateurs de plumes de Casoars, a donné quelques détails à ce sujet qui méritent d’être consignés :

Nous recevons chaque année, dit-il, de l'Amérique et de l'Australie, près de 35.000 kilogrammes de plumes qui représentent à peu près 1.200.000 francs. De cette quantité, la . moitié environ est réexportée. Ces plumes nous arrivent de Baya-Blanca, de Entre-Rios, et, en plus petite quantité, de Ja Patagonie ; — je ne sais pas quelles sont les quantités qui

sont expédiées sur New-York, mais je pense qu’elles sont 5 moindres que celles qui sont RAT en France. Comme le ; < Nandou est plus généralement désigné sous le nom d'Aw- " truche d'Amérique, ses plumes sont connues dans le ne commerce sous le nom de plumes de Vautour pour les dis- 4 tinguer de celles de l'Autruche d'Afrique. |

Les plumes moitié blanches et noires sont appelées Gerbes 4 indiennes ; les grises foncées, qui sont les plus communes, sont liées en paquets, et vendues pour faire des plumeaux.

L'idée du fermage de ces oiseaux en France et en Angle- 48 terre est ind ancienne ; elle a été tentée, mais sans grand », succès. )

Les RAS — Les Casoars se distinguent des struthio- | nidés en ce que leur bec est fléchi à la pointe et que leur ÿ tête est surmontée d’un appendice osseux. Ils portent aux ailes des baguettes arrondies, pointues, ébarbées, ontle cou court et épais, et l’ongle du doigt interne beaucoup plus long que le doigt lui-même.

Dans cette famille qui ne comporte qu’un seul genre, on 1 distingue, aujourd’hui, cinq espèces, parmi lesquelles le . Casoar à casque qui nous intéresse (fig. 47). 14 1

Le Casoar est un oiseau de l'Inde. Il est, après l’Autruche, le plus grand des volatiles. On n’en avait point encore vu en % Europe avant 1597, et aucun auteur n'en avait fait rientsqhiis

rareté par un prince de l'ile de Java. Le gouverneur de (ré Madagascar en acheta un des marchands qui retournaient des 1 Indes, et il l’envoya, en 1671, à la ménagerie de Versailles, où cet oiseau vécut CRE ans.

qui s’accroit à partir du cou jusqu’au éoupiol leur fait

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