‹ La plume des oiseauxChapitre 65 sur 110 · PP · texte numérisé non relu

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F1G. 65. — L’Eutoxere aigle.

prétendu, dans les limites de la zone torride. Ils ne craignent LacRoix-DAxLIA' D, La Plume.

la terre porte des fleurs et non pas seulement, comme on l’a

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254 LA PLUME DES OISEAUX | pas les points élevés, puisqu'on les trouve sur les sommets de … la chaîne des Andes, dans le voisinage des neiges éternelles, et jusqu’auprès des cratères des volcans, là où aucun animal vertébré supérieur n’a osé s’aventurer. Les uns, spéciaux aux montagnes, n’abandonnent jamais les hauteurs ; les autres, familiers des plaines chaudes et brüûlantes, ne les quittent point ; leur existence est liée à la présence de certaines fleurs, mais, leurs goûts sont si divers, que chaque espèce ‘a ses fleurs de prédilection, auxquelles elle reste fidèle. Ceux-ci se tiennent sur les arbres, près de la cime ou sur les basses branches seulement, ceux-là tout près du sol; et ils demeurent si obstinément cantonnés dans la place qu’ils se sont d’abord choisie, qu’on ne voit guère ceux qui recherchent les fleurs ou les feuilles des basses branches dépasser la hauteur qu’ils paraissent s’être fixée, pour gagner le haut de l’arbre et les fleurs qui s’y épanouissent.

Les Colibris ne restent pas toute l’année dans la même localité ; ils arrivent, comme chez nous les Hirondelles, et à leur venue, on dit : « Les Colibris sont arrivés ». Ils s’en vont donc de pays en pays, suivant les périodes de floraison. S'ils suivent ainsi les fleurs, est-ce donc qu'ils se nourrissent du nectar qu’elles contiennent? on l’a dit souvent et longtemps cru. On prétendait que leur langue était creuse, et qu’ils pompaient, par ce tube naturel, le suc des fleurs, auprès desquelles on les voyait s'arrêter. En captivité, on ne cherchait à les nourrir que d’eau sucrée et de miel, et ils mouraient bientôt émaciés et affaiblis. C’est qu’en réalité ces charmants oiseaux ne se nourrissent pas du nectar des fleurs. Badier, le premier, a découvert, en 1778, que les Colibris … étaient, avant tout, des insectivores. Le prince de Wied con- # firme cette opinion, et démontre préremptoirement que la langue des Oiseaux-Mouches n’est point un sucoir, et que les deux pointes membraneuses, qui la terminent, sont parfaitement disposées pour sentir et pour ramener dans le bec de

Fig. 66. — L'Oxypogon de Linden ; le Chrysolampe nymphe ; le Campyloptère de Delattre,

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les insectes extrêmement petits qui vivent dans l’intérieur des fleurs. C'est d'ailleurs ce qu’a aussi observé Audubon, et, après lui, Gosse et Burmeister. Tous s'accordent à dire que

les Colibris se-nourrissent d'insectes, principalement de co-

léoptères qu'ils prennnent dans les fleurs à corolle tubulée, et de petites mouches qu'ils attrapent au vol. Mœurs. — Les Colibris sont tous à peu près impropres à

la marche; c’est à peine d’ailleurs s'ils descendent à terre 2 À

pour boire ; et quand ils y sont descendus, ils ne se relèvent que difficilement. En revanche, leur vol est rapide, capricieux, tourmenté; leurs ailes sont toujours vibrantes ; ils ont, comme on l'a remarqué, un vol qui ne ressemble en rien à celui des autres oiseaux et qui devrait plutôt être comparé à celui de certains papillons crépusculaires. « Quel mécanisme admirable, s’écrie Gould, doit être celui qui produit les mouvements vibratoires des ailes du Colibri, et qui les soutient aussi longtemps. Je ne peux le comparer à rien; on dirait quelque machine ingénieuse, mue par un puissant ressort. Ce vol me fit, la première fois que je le vis, une impression des plus singulières. C'était tout le contraire de ce que je m'attendais à voir. Le Colibri ne fend pas les airs comme une flèche, ainsi que l’Hirondelle ; mais, soit qu’il erre de fleur en fleur, soit qu’il franchisse un cours d’eau, ou passe au-dessus d’un arbre, toujours ses ailes sont agitées

d’un mouvement vibratoire. Il s’arrête, par moments, devant

un objet, y demeurant en équilibre; les coups d’ailes se succèdent alors si rapidement, que l’œil ne peut les suivre; un demi-cercle vaguement dessiné, autour de chaque côté du corps, c'est tout ce que l'on aperçoit. »

Les Colibris peuvent chanter, mais, en fait, ils usent rarement de cette faculté ; ils ont le sens de la vue très développé, ainsi que le sens du toucher qu'ils exercent notamment au

moyen de leur langue dont ils se servent pour scruter le …

calice des fleurs.

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