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feuillage. Tous, indifféremment, sont querelleurs; ils se livrent entre eux des combats acharnés, surtout à l'époque des amours. On les voit même, dans leur aveugle rage, prendre des papillons pour de dangereux concurrents, poursuiyre les sphynx et chercher à les percer de leur bec pointu.
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F1G. 69. — l’Heliothrix à oreillons.
Au contraire, ils ne montrent pour l’homme aucune défiance,
s’en laissent approcher de très près, et paraissent même le rechercher, pour ainsi dire. On cite un Oiseau-Mouche qui
vint enlever, par surprise, dans la main d’un homme un morceau de coton. Ils sont aussi curieux que hardis, entrent
volontiers dans les chambres quand ils apercçcoivent des bou-
quets à leur convenance, et nichent quelquefois dans les
appartements laissés ouverts.
Les Colibris font leur nid plutôt en juin qu’en toute autre 1%
temps. Cependant, ce moment ne leur est pas unique pour nidifier, puisque l’on trouve, à peu près à toute époque de l’année, des nids récemment construits. Les nids des Colibris
sont d’ailleurs tous construits, ou peu s’en faut, sur le même
modèle, et les différences qui les séparent sont peu sensibles.
Chasse. — N'était que l'homme leur fait la guerre, les oiseaux n’auraient à redouter que peu d'ennemis. Leur petitesse, leur agilité, les mettent, en effet, la plupart du temps … à l’abri des attaques des carnassiers et des rapaces. Mais, la beauté de leur parure, le haut prix qu’'atteignent leurs 4
dépouilles, les ont désignés, aux convoitises et aux coups des
chasseurs. Les massacres qu’on en a fait, pour satisfaire aux caprices de la mode, ont été si grands que les gouvernements
des Républiques de l'Amérique du Sud, justement alarmés, ont cru devoir, pour prévenir une destruction complète,
édicter des pénalités, et interdire ou réglementer la chasse
de ces oiseaux sur l’étendue de leurs territoires.
Comme l’on ne chasse guère les Oiseaux-Mouches, que pour les conserver vivants, dans leur pays d'origine, en des volières où on les remplace au fur et à mesure des pertes, ou
pour les employer à l’ornementation des personnes ou des choses, il faut les prendre au moyen de procédés qui ne leur fassent aucun mal, ou qui, tout en les tuant, n’abiment point leur brillante parure. Aussi a-t-on successivement usé, pour les avoir vivants, de la glu dont on enduisait les buissons,
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de l’eau dont on chargeait des fusils bourrés de suif, des filets de gaze avec lesquels on capturait ces oiseaux au moment où ils butinaient à la manière des papillons. Pour
: Fig. 70. -- Le Lophornis splendide.
| les tuer, sans les mutiler, on a employé la sarbacane chargée de petits pois ou de grains de maïs, le fusil chargé de grains de sable, et surtout la petite cendrée d’un effet infiniment plus sûr. L'époque la plus favorable pour se liver à la chasse des Oiseaux-Mouches est celle de la floraison des pois
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d'août. Les petits oiseaux arrivent alors par essaims, et on peut les tirer, dit Ricord, à son aise, pour ainsi parler, sans que la détonation fasse fuir ceux que le plomb n'a pas atteints,
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Fig, 71. — Le Calliphlox amcthyste.
Vieillot repousse l'emploi du fusil et du plomb pour la chasse des Oiseaux-Mouches, car un seul grain, dit-il, les écraserait et n’en laisserait que des débris. Il assure avoir employé avec succès un filet nommé éoile d'araignée dont il entourait les arbrisseaux à un pied ou deux de distance.
Cet oiseau fend l’air avec une telle rapidité qu’il n’a pas le temps d’apercevoir le filet et s’y prend aisément. Il s’est aussi servi d'une gaze verte en forme de filet à papillons, mais cette manière demande de la patience, et ne peut, selon lui, être employée que sur les plantes etles arbrisseaux nains. Pour avoir quelque succès dans cette chasse, il faut construire. une petite niche, la plus basse possible, avec les plantes et les arbrisseaux voisins, et, de là, envelopper l'oiseau avec le filet de la même manière que les Papillons.
« Ayant entendu plusieurs personnes, dit Audubon, remarquer que l’on gâte beaucoup moins le plumage de ces petites créatures en les tuant avec de l’eau, je fus tenté d'en faire l’expérience, ayant été dans l'habitude de les tirer, soit avec du sable, soit avec de la cendre de plomb très fine. Cependant j'en abattis rarement, même à quelques pas de distance, toutes les fois que je me servis d’eau au lieu de plomb, et j'étais, en outre, obligé de nettoyer mon fusil après chaque décharge. J'abandonnai cette manière, et je crois qu’on a jamais dû en tirer un avantage certain. J’en ai souvent attrapé en employant un filet à insectes, et si l’on se servait de cette machine avec dextérité, ce serait le meilleur moyen de se procurer des Oiseaux- Mouches!. »