‹ La plume des oiseauxChapitre 75 sur 110 · ANT · texte numérisé non relu

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et la portée des armes, la plume servait à les décorer et à en relever l'éclat.

F1G. 77. — Indien Sioux portant des parures en plumes.

Chez les Indiens. — Les Indiens, en général, sont des vaniteux ; ils recherchent les parures de toutes sortes; on en voit en piquants de porc-épic, en métal, en verre, en

Lacroitx-DANLIARD, La Plume, 47

coquillages, en plumes. Les Sioux, notamment, se distinguaient autrefois par la richesse et la complication de leurs ornements (fig. 77).

Les longues lances des Indiens d'Amérique sont encore agrémentées de plumes d'oiseaux multicolores. Ils dénichent volontiers les grands Aigles, dit le prince de Wied; ils élèvent ces oiseaux et en ramassent les plumes caudales qui ont, à leurs yeux, une très grande valeur : « Ils n'en vendent pas une à moins d’un dollar. Chez tous les Peaux-Rouges de l'Amérique du Nord, ces plumes sont la marque d’une action d'éclat, et la plupart portent autant de plumes qu’ils ont tué d’ennemis. Une plume d’Aiïgle, teinte en rouge, garnie à son extrémité d’une sonnette de crotale, indique un fait honorifique aux yeux seuls des Indiens, un vol de chevaux. Avec ces plumes, les Indiens se font des parures; ils les fixent perpendiculairement, et en une longue série, à une bande d’étoffe rouge, laquelle est attachée à une sorte de bonnet également garni de plumes. Lorsque ce bonnet est sur la tête, la bande rouge avec les plumes d'Aigle forme une sorte de crête, pendant le long du dos jusqu'à terre. Les Indiens Mandans appellent cette parure de grande solennité : Mahehsi-acoub-haschka; les guerriers les plus renommés ont seuls le droit de la porter. Elle a une très grande valeur et son propriétaire ne la cèdera que contre un beau cheval. Dans les dessins trop imaginaires de Batlin, les Indiens, à la chasse du bison, sont représentés avec ces parures ; cela est inexact. L’Indien, va à la chasse comme à la guerre, sans parure aucune ; il ne conserve que ses talismans. Un chef renommé portera peut-être sa coiffure de plumes dans une grande bataille, ou dans un duel arrêté à l'avance, jamais à la chasse. »

Au dire de d'Orbigny, les Indiens prennent au nid les petits

des Harpies (fig. 78), oiseaux du groupe des Rapaces, les élèvent avec sollicitude dans le but de leur arracher, quand

KG. 78, — La Harpie féroce,

Li cd Hé : hf al W'tS AC RO ES BAT ST EN SEAT AR ARS RER EE TIRE r 292 : LA PLUME DES OISEAUX

ils seront adultes, les plumes des ailes et de la queue. Cette opération, renouvelée deux fois l'an, procure à ces peuples des parures dont ils font grand cas, et leur permet d’em- penner leurs flèches. |

De leur côté, les naturels des îles d’Arou placent sur leurs casques et dans leurs costumes de cérémonie ou de guerre la dépouille si brillante du Manucode, de la Nouvelle-Guinée. « Le Manucode, dit le docteur Chenu, a joué de tout temp, un rôle dans les croyances superstitieuses des peuples d’origine malaise. Les dépouilles portées en panache ou placées sur les armes des guerriers indiens devaient empêcher de faillir un jour de combat. »

. Chez les peuples del'Afrique Centrale.— À la fin de janvier 1875, l’explorateur anglais Stanley se trouvait avec ses compagnons à Vinyata, pays voisin de Souna, dans l’Ourimi, non loin du lac Victoria-Nyanza, lorsqu'apparurent soudain, près de son camp, une centaine de nègres, appartenant aux peuplades avec lesquelles il avait, les jours précédents, fait un commerce d'échange. Ces naturels appelés Ouatourous, qui venaient avec des intentions hostiles, et qui avaient poussé leur cri de guerre, étaient en grand costume de combat, c’est-à-dire tout nus, coiffés de plumes d’Aïgles, de Milans et d’'Outardes, ou bien de crinières de zèbres et de girafes ; ils tenaient des arcs et des flèches empennées de la main gauche et de la droite brandissaient des lances.

Dans certaines parties du Soudan, les guerriers nègres ornent leurs coiffures des plumes ébarbées de l'Ibis sacré (fig. 79). :

En Océanie. — Aux îles Hawaï, les chefs portaient des manteaux magnifiques et des casques à forme grecque, les uns et les autres garnis de plumes rouges et jaunes assorties avec goût. Le roi seul pouvait porter un manteau entièrement à plumes jaunes. Ceux des autres chefs étaient en plumes jaunes et rouges, disposées en figures rhomboïdales,

traversées quelquefois par des bandes d'un pourpre sombre ou d’un noir lustré. Les chefs subalternes ou les guerriers célèbres n’avaient droit qu'à l'écharpe à plumes bariolées. Outre le casque et le manteau, les chefs portaient une sorte de hausse-col suspendu au cou par une tresse de cheveux.

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