LES PLUMES DE LITERIE
industrielle un curieux appareil destiné à expérimenter la qualité des plumeaux en plumes de Dindon. Il s'agissait de démontrer la supériorité du plumeau fait de la dépouille du Dindon sauvage. A cet effet, deux plumeaux neufs, l’un en plumes de Dindon sauvage, l’autre en plumes de Dindon domestique, étaient exposés au frottement d’un cylindre mobile fixé sur axe et armé de palettes. Les ailettes de ce cylindre, auquel un mouvement giratoire continu était imprimé, venaient battre avec force l'extrémité des plumes de chacun des deux ustensiles rivaux. Au bout d’un temps assez long, on pouvait voir le plumeau de Dinde domestique s'user par le bout, jusqu'à être mis à peu près hors d’usage, tandis que le plumeau en Dindon sauvage ne paraissait point avoir souflert de ces frottements répétés.
Un industriel français fait de la brosserie avec les tuyaux des plumes d’Oie qui remplacent avantageusement la soie du sanglier.
Du Lophophore toutes les plumes sont utilisées, mais les plus estimées sont les plumes rouges du cou et les plumes vertes de la naissance des ailes. Arrachées une à une, elles sont ensuite disposées avec art et collées sur des bandes de toile.
Cure-dents ; flotteurs pour lignes à pêcher. — Nous nous contenterons de dire, sans insister, qu'avec les tuyaux cornés des plumes de certains oiseaux on fait des cure-dents et des flotteurs pour lignes à pêcher, afin d’arriver plus rapidement à parler de l'emploi que l’on fait des plumes des oiseaux, surtout de celles des oiseaux nageurs, pour les objets de literie, tels que édredons, couvre-pieds et couvertures, oreillers, matelas et coussins.
Les plumes de literie ; superstition qui s'y attache. — À ce propos, il est curieux de relever une superstition encore très enracinée dans certains pays. Dans plusieurs contrées de la France, dans le Nivernais, notamment, les paysans se
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gardent avec soin de mettre dans les lits de plumes et dans les oreillers de la plume de Pigeon et de Perdrix. Cela porte malheur, et lorsqu'on a couché une fois sur un traversin qui contient de cette plume maudite, on est certain de ne point mourir dans son lit, comme on dit dans le Nivernais, c’està-dire qu’il faut s'attendre à périr de mort subite ou par quelque accident.
Parmi les oiseaux dont le plumage et le duvet alimentent nos oreillers et nos couvre-pieds, l’Eider est le plus recherché. Le duvet recueilli dans les nids de ces oiseaux est celui qui a le plus de prix, car il est plus fin, moins gras et plus mûr que celui que l’on recueille sur l’animal mort. Ce duvet, dont le nid est tapissé, est arraché par l’oiseau lui-même qui se dépouille le ventre pour faire à ses petits une couche plus moelleuse, Douze nids peuvent produire une livre d’édredon qui, nettoyé, vaut de 15 à 22 francs. En Islande, où l'on récolte en assez grande quantité le duvet d’eider, on en distingue aussi deux qualités : le thang duumm qui contient des algues, provient des roches marines et conserve toujours son humidité, et le groess-duumm qui vient de la terre ferme et ne contient que de l'herbe; ce dernier est plus estimé. Le Canard tadorne, le Canard commun, les Sarcelles, les macreuses, les Souchets fournissent également les plumes et duvets employés pour matelas et couvertures. Le duvet du tadorne assez abondant sur les côtes de la mer du Nord et de la Baltique a presque autant de valeur que celui de l’eider. Quant au duvet des Canards sauvages. et domestiques, il est d’une qualité inférieure. Le duvet du Canard domestique est arraché deux fois l’an, en mai et en septembre. Les Oies sauvages sont aussi recherchées; quant aux Oies domestiques, elles subissent, en été, le même traitement que les Canards de nos basses-cours, elles sont plumées vives à certaines époques de l’année. | Les plumes des Oies et Canards domestiques, le duvet mis
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