DIVERS USAGES DE LA PLUME
main. Quant aux écrans plus grands, faits pour reposer sur le sol et pour tenir lieu de garde-feu, il s’en fabrique, depuis quelques années, à l’aide d'oiseaux de forte taille, tels que les Paons, que l’on dispose, en leur entier, et faisant la roue, sur une armature en fer forgé artistement construite. Mosaïque en plumes. — Autrefois les tableaux en plumes d'oiseaux-mouches des anciens Péruviens étaient dignes d’être admirés ; mais rien n’a dépassé en perfection les travaux de mosaïque en plumes des Mexicains et des Brésiliens du temps passé. Ces mosaïques, qui exigeaient plusieurs années de travail, étaient ordinairement destinées aux souverains, et les oiseaux qui devaient fournir la matière première étaient entretenus dans de véritables palais. Les
artistes eux-mêmes voués à ces travaux formaient une cor- .
poration puissante et privilégiée dont les membres portaient le nom d'Amantecas. Le musée de Mexico possède encore des fragments de leurs chefs-d’œuvre datant de l’époque de la conquête. ;
Divers usages de la plume des oiseaux en Birmanie. __ En Birmanie, les plumes de certains oiseaux, riches en couleurs, servent à confectionner divers objets mobiliers, d’une assez grande valeur. Parlant d’une chasse fructueuse au Casoar qu'il a faite en ce pays, M. Thomas-Anquetil s'exprime ainsi : € Je conservai une douzaine d'œufs et les plumes les plus longues, les plus soyeuses. Deux ans plus tard, je vendis les œufs un louis la paire à Calcutta. Des plumes les moins belles je m'étais fait confectionner, par un artiste Birman, plusieurs plumeaux, éventails, houssoirs que je dispersai maladroïtement. Celles de choix je les rapportai en Europe. Dans le courant de l’année 1863, m'étant arrêté à Turin, je fus frappé de paralysie et de cécité, pendant près de trois mois, à la suite d'une épouvantable explosion de poudre fulminante. Obligé de me défaire de ma collection de plumes d'Aigrettes, de Paons, de Faisans,
d'Argilahs, de Perruches, de Casoars et d’une infinité d’oiseaux de luxe, je la vendis aux marchands plumassiers de Via-Nuova !. » s |
Fourrures et houppes à poudrer. — De la peau du Cygne et de celle du Flamant, employées avec le duvet, on fabrique des fourrures très estimées et des houppes à poudrer. Comme nous l’avons indiqué plus haut, il arrive fréquemment qu’on y substitue la dépouille de l’Oie, que l’on vend
pour du Cygne et que l’on se procure à beaucoup meilleur
compte.
Les plumes des Nandous de l'Amérique du Sud, qui sont expédiées en France, de Buenos-Ayres, de Montévideo, des
iles Fakkland et de la République Argentine, qui exporte
-annuellement 20.000 kilogrammes aux Etats- Unis, et 25.000 kilogrammes en Europe, nous sont livrées sous le nom de « plumes de Vautour. » Ces plumes, improprement dites de Vautour, se classent en deux catégories, les plumes de Vautour blanches et les plumes de Vautour grises, suivant leur couleur. Les blanches, qui sont employées à la fabrica-
tion d’articles de fantaisie pour l'exportation, sont elles-
mêmes de deux qualités ; le petit Vautour blane, dont les
plumes parfaitement blanches et soyeuses ont de 8 à 16 cen- .
timètres, et le grand Vautour blanc, dont les plumes blanches aussi, mais moins soyeuses, ont de 19 à 76 centimètres. Les plumes de Vautour grises, qui varient du gris clair au noir, sont achetées surtout par les brossiers qui en fabriquent des plumeaux à épousseter. |
Emploi des plumes du Dindon, du Lophophore. — Au
même usage sont employées les plumes du Dindon domes-
tique et du Dindon sauvage. Celles de ce dernier oiseau sont
infiniment plus résistantes. Nous avons vu à une exposition
1 Thomas-Anquetil, Aventures et chasses dans l'Extréme-Orient, Paris, 1874, Charpentier.
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