‹ La plume des oiseauxChapitre 85 sur 110 · CHAPITRE Il · texte numérisé non relu

CHAPITRE Il

LA PLUME A ÉCRIRE. — APPLICATION DE LA PLUME AU DESSIN, A LA MÉDECINE, A L'ART VÉTÉRINAIRE

Plumes à écrire et à dessiner. — Les anciens surent se passer de plumes à écrire. Elles ne furent inventées que plusieurs siècles après l’ère chrétienne. La pensée était alors fixée sur des feuilles d'arbres, sur des écorces, sur des tablettes enduites de cire, au moyen de stylets appropriés à cet usage. Entre temps, on se servit d’un roseau taillé en pointe ; enfin, d’une penne affûtée, comme nos plumes d’oie. L'usage de ces plumes, employées d’abord chez les Romains, se répandit de proche en proche dès le v° siècle, et ce fut, pendant un certain temps, la plume de pélican qui tint la première place. A la fin du moyen âge, la plume devint en honneur dans les abbayes surtout, où se formèrent, en grand nombre, des copistes et des calligraphes. La plume du péli-

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can fut détrônée par la plume de l’oie, au xvi° siècle, mais la plume d’Oie n’eut jamais, même à l’époque ds sa vogue, le caractère de distinction qui s'attache aux plumes du Cygne et de la Grue.

Procédé des Hollandais pour préparer les plumes à écrire. — À quelque oiseau qu’elles appartinssent, les plumes à écrire avaient un inconvénient grave ; elles étaient enduites d’une matière graisseuse qui les empêchait de bien tenir l'encre, et qui était cause de bien des mécomptes. Il était réservé aux Hollandais de remédier à cette imperfection; ils le firent vers 1506. Le procédé consistait à passer le tuyau, pour l’affermir et en faire sortir la graisse, dans de la cendre ou du sable chauffé, à une certaine température. Les plumes ainsi préparées portaient le nom de plumes hollandées.

Opinion de Diderot sur le choix d'une plume. — « Je choisis la plume d’une moyenne grosseur, dit Diderot, plus vieille que nouvellement apprétée, de celles que l’on appelle secondes, et qui ne soit ni trop dure ni trop faible. Il faut qu’elle soit ronde, bien claire et bien nette, comme transparente, sans qu’il s’y rencontre aucune tache blanche, qui d'ordinaire empêche qu’elle ne se fende bien nettement, et cause de petites pellicules qui se séparent du corps du tuyau par dedans, qu’on peut lui enlever à la vérité avec la lame du canif, mais toujours avec peine et perte de temps, joint à ce qu’elle ôte à la plume sa netteté et sa force première, de sorte qu’elle ne reste plus après celà d’aussi bon service qu'elle était auparavant. Beaucoup de personnes préfèrent les bouts d’ailes à toutes autres plumes, parce qu’elles se fendent d'ordinaire plus nettement. C’est pour cette raison que les maîtres écrivains et leurs élèves s’en accommodent mieux. »

La plume à écrire et à dessiner jusqu'en 1839. —

Au xvru siècle, l’usage de la plume d’Oije se généralise en

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