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EMPLOI DE LA PLUME EN MÉDECINE

même temps que l'écriture. Sous la Révolution même on ne connaît encore que les plumes d’Oie, de Vautour, de Canard et de Corbeau : ces dernières sont plus spécialement affectées aux ouvrages fins et au dessin. Jusqu’en 1830, époque où l’on importait, chaque année, en France, de 80.000 à 100.000 kilogrammes de plumes à écrire, la plume d'oie est restée presque exclusivement l'instrument dont l’on se servit pour écrire. À cette époque, comme aujourd'hui, ces plumes nous venaient de Russie, de Pologne, de Hongrie et de Prusse, elles nous sont expédiées aussi de Belgique et d'Angleterre. Les plumes d’oie qui servent à l'écriture sont arrachées aux ailes de cet oiseau; l'opération se fait deux fois par an, à l’époque des mues. C'est principalement en Allemagne qu’elles sont préparées et débarrassées de leur graisse.

La plume d'Oie et nos grands écrivains. — Vers 1839, apparurent les premières plumes métalliques, mais, elles n'avaient point, à cette époque, atteint le degré de perfection qu'ont su lui donner les fabricants actuels ; aussi, beaucoup de nos grands littérateurs restèrent-ils fidèles à la plume d'Oie. Chateaubriand, de Vigny, Méry et Victor Hugo furent de ce nombre. A leur imitation, Georges Sand, Gustave Flaubert et Alexandre Dumas fils négligèrent la plume de métal, pour lui préférer la plume d'Oie, et Dumas père ne quitta définitivement la plume d'Oie qu’au moment de commencer son ouvrage Richard d’Arlington.

Emploi de la plume en médecine. — En médecine, on emploie encore la plume des oiseaux à différents usages. C’est avec des barbes de plume que l’on chatouille la gorge des malades qui éprouvent une trop grande difficulté à rendre les aliments par le haut, c’est là ce que nous appellerons les plumes vomitoires. On fait brûler de la plume auprès des gens tombés en syncope. On emploie le tuyau corné de la plume pour y enfermer, entre deux tampons de coton, du camphre en poudre ou d’autres substances aromatiques,

en temps d'épidémie; et l’on tient à la bouche ces tubes hygiéniques à la manière des cigarettes. Il n’est pas jusqu’à l'art vétérinaire qui n'ait fait à la plume des emprunts.

Emploi de la plume dans l'art vétérinaire. — Autrefois, les maréchaux pratiquaient sur les chevaux l'opération que nous allons relater, dans la langue de l’époque. C'était ce qu'on appelait alors donner des plumes à un cheval.

€ On commence par abattre le cheval sur quelque endroit mou, et on l’assujettit de façon qu’il ne puisse se mouvoir, après quoi on lui broye l’épaule avec un grès ou une brique, assez fort pour le meurtrir, en la mouillant de temps en temps avec de l’eau. On y fait ensuite deux ouvertures larges d’un pouce au bas, une à côté de l’endroit où touche le poitrail, et trois doigts loin de la jointe, l’autre contre le coude, derrière l'épaule, contre les côtes, prenant garde qu’elles ne

soient point à l'endroit du mouvement où est la jointe, parce.

qu’on y attirerait de la matière, ce qu'il faut éviter. Il faut ensuite détacher la peau avec l’espatule etpar ces deux trous,

souffler entre cuir et chair pour détacher la peau de l’espa-

tule jusqu'à la crinière, en broyant avec la main à mesure qu'on soufflera, Lorsqu'on trouve avec une grande spatule de bois que la peau est détachée tout au long et au large de l'épaule, on introduit par les ouvertures des plumes d’oie frottées de basilicum jusqu’au haut, en les posant de facon qu'elles ne puissent point sortir d’elles-mêmes.

& Il faut tirer les plumes tous les jours, faire écouler la matière, remettre les plumes frottées de vieux oing, de graisse blanche ou de basilicum et continuer le même traitement durant quinze ou vingt jours, selon la quantité de matière, puis ôter les plumes tout à fait, après quoi les plaies se

fermeront d’elles-mêmes. » Voilà un pauvre animal bien

accommodé !

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