‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 104 sur 193 · Ciré Je Dieu, lib. X. cap. I ’t , ad initium · texte numérisé non relu

Ciré Je Dieu, lib. X. cap. I ’t , ad initium

RÉVÉLATION PROGRESSIVE

Terre, arrête-toi; il lui fait adresser cet ordre au soleil. La révélation s’abaisse au niveau de la science humaine, sous peine de n’exercer aucune autorité. Le Christ n’eût pas été philosophiquement compris, car pour saisir dans tous ses détails la loi de la destinée, il fallait avoir découvert la perfectibilité et le progrès; il fallait avoir trouvé le principe de solidarité qui unit toute la création. Par la même raison , ne valait-il pas mieux que Moïse et saint Paul plaçassent le péché d’origine dans les faits de l’ordre terrestre? Et sur la question de l’enfer, tel individu de ces temps corrompus, qu’effrayait l’infini des supplices, n’aurait ressenti aucune impression si, au contraire, l’avenir n’avait pas dû lui ôter tout espoir. De nos jours , cette explication de la destinée n’épouvante plus personne, parce que nous savons que la mobilité perpétuelle est notre loi, que nous ne pouvons arriver à aucun état absolu, et que l’éternité de tortures identiques est mathématiquement impossible à l’égard de l’homme. Dans toute révélation, il y a le côté immuable qui vient de Dieu, qui ne change pas, parce que la vérité est éternelle; mais il y a aussi le côté mobile qui est la conception appropriée aux besoins des temps, et de plus en plus parfaite, selon la marche du progrès. Le côté immuable dans la question de la destinée est l’assurance des récompenses aux bons, des peines aux méchants; cl le côté mobile, nécessaire pourtant au moment du Christ, c’est l’absolue éternité de la béatitude et de la souffrance toujours identiques.

Pendant que celte ligne de conduite prévalait dans l’Église chrétienne et se terminait par la condamnation d’Origène, dont nous avons vu la providentielle justesse, des docteurs vénérés, qui ont été mis au nombre des saints, n’en continuaient pas moins à soutenir la pluralité des existences et

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