CRITIQUE
combattre tous deux par les mêmes observations, tout en rendant hommage au principe palingénésique qui leur est commun.
Pourquoi Pierre Leroux n’a-t-il admis qu’une métempsycose terrestre? c’est qu’il se fait une fausse idée de la vie et qu’il la restreint contre toute logique à notre humanité. Pierre Leroux n’admet pas même le corps aromal terrestre , le périsprit astral qui nous permet de continuer nos vies extra-mondaines, avant que nous nous soyons réincarnés sur la terre ou ailleurs, et il nie un intervalle de station et de repos intellectuel pour l’àme qui rentre tout uniment à sa mort dans une simple virtualité. Son idéal est la lettre d’Apollonius de Tyanc (consolation à Valérius)1, lettre toute panthéislique et dont une saine philosophie doit énergiquement répudier le sens.
Charles Fourier va plus loin; il concède et décrit le corps aromal et spirituel, mais seulement astral, c’est-à-dire puisé dans les éléments astraux de la planète que nous habitons. Aussi Fourier admet-il une vie extra-mondaine succédant cl alternant à la vie mondaine; mais tous'deux, ils ne s’élèvent pas plus haut que l’humanité terrestre, avant le décès de l’ùme de la terre; ils n’ont pas eu la connaissance complète des révélations, ils n’ont été initiés qu’à demi; ils ont méconnu le Bouah, c’est-à-dire la force plastique de- l’àme, le corps virtuel, quintes'sentiel, formé du üuide divin ou universel, ce que l’Hébreu appelle admirablement L’ESPRIT DES VIES, des existences successives de l’homme, des transmigrations et des pérégrinations de l’àme après qu’elle a quitté sou enveloppe terrestre. C’est ce
I. Apollonius de Tyane, traü. par M. Chassang, p. 415. 1 vol , Pari*, Didier et Cie.