PELLETAN ET JOUFFROY
d’esprits rangés par ordre autour de son trône. Leurs fonctions sont variées comme leurs espèces. La pourpre et l’azur, les perles et l’or éclatent dans leurs vêtements divers, et nuancent les couleurs immortelles de leur parure
« Si je me trompe en multipliant les mondes, mon erreur est sublime. Elle est appuyée sur une vérité : clic a pour base l'idée de la grandeur de Dieu*. »
o Oui, chacun de ces astres est un temple où Dieu reçoit l'hommage qui lui est dù. J’ai vu fumer leurs autels; j'ai vu leur encens s’élever vers son trône; j'ai entendu les sphères retentir des concerts de sa louange. Il n'est rien de profane dans l’univers : la nature entière est un lieu consacré*.
« L’âme est faite pour voyager dans les cieux. C'est là, qu'échappée de sa prison, et dégagée des liens de la terre, elle peut respirer librement, s'étendre, donuer carrière à toutes ses facultés, et saisir sa vraie grandeur, sans craindre d’être déçue par l'illusion. Au milieu de ces astres elle se reconnaît dans son séjour; elle s'y sent plus forte et plus vivante, et reporte dans les lieux de son exil des sentiments dignes de son illustre patrie *. »
Suivant M. Pelletan, l'homme ira toujours de soleil en soleil, montant toujours comme sur l’échelle de Jacob, la hiérarchie de l'existence; passant toujours, selon son mérite et selon son progrès, de l’homme à l’ange, de l’ange à l’archange. Ainsi, progrès nécessaire et continu,* plus pu moins rapide seulement suivant les mérites ; voilà bien ce que M. Pelletan promet à tous les hommes dans la vie future.
Un philosophe dont l’opinion mérite d’être comptée en ces matières, M. Jouffroy, hésite entre ces deux hypothèses :
1. Young, |t. 187. — 2. Ibid., p, 202. — 3. Ibid., p. 207. — 4. Ibid., p. 220.