SAINT JÉROME
faits pour lu terre; en dehors de la terre, il n’y arien que Dieu et les anges doués d'une nature immatérielle. Doue, après la vie de la terre, tout est fini pour le mérite et la liberté. Mais depuis Copernic et Galilée, depuis que nous savons qu’il existe un nombre infini de mondes, n'y a-t-il pas une singulière étroitesse de vues à voflloir borner nos épreuves à la terre, et à nous refuser dans l’avenir tout moyen de réparation.
« La théologie, par son dogme de l’enfer éternel, a donc commis un crime de lèse-bumanité. Nous avons vu précédemment qu’elle blasphème contre Dieu, et que nous pouvions, à juste titre, l’accuser d’impiété et de sacrilège.
« Le dogme de l'enfer éternel est tellement un dogme de circonstance, maintenu par l’Église catholique à cause de son utilité, que saint Jérôme, si rigoureux d’ailleurs et célèbre par sa guerre contre Origène et ses partisans, l’avoue lui-même dans un de ses écrits. Citons textuellement : « Quæ omuia replicant asseverare
# cupientes; post cruciatas atque tormenta, futura refrigeria. « Quæ nunc abscondenda sunt ab his quibus timor utilis est ; ut « dum supplicia reformidant, peccare désistant. Sicut diaboli et « omnium impiorumqui dixeruut in corde suo : Non estDeus, ere- « dimus æterna tormenta, sic peccatorum atque impiorum et tamen « christianorum, quorum opéra in igné probanda sunt atque pur-
* ganda, moderatam arbitramur et mixtam clementiæ sententiam « judicis. » ( Commenlarius in Isaiam, cap. ullimum, ad finem.) « Tels sont le3 motifs sur lesquels s’appuient ceux qui veulent « faire entendre qu’après les supplices et les tourments, il y aura « le pardon et le repos. C'est ce qu’il faut cacher maintenant d « ceux à qui la crainte est utile, afin que redoutant les supplices , « ils s'abstiennent de pécher. Nous croyons bien que le diable et « les impies qui ont dit en leur cœur : Il n’y a point de Dieu, u seront éternellement punis. Mais les autres pécheurs et impies
iniques, ce que nous avons écrit, Nature et destination des astres , p. 1 2G à 159 de l'Exposé d’un nouveau système, p. 83 et suiv. de l’Essai sur les mystères.