‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 183 sur 193 · SAINT JÉROME · texte numérisé non relu

SAINT JÉROME

« qui n'auront pas cessé d’être chrétiens, nous pensons que leurs « œuvres seront éprouvées et purifiées par le feu, et que Dieu se « laissera fléchir et usera de clémence à leur égard. » Ainsi, saint Jérôme ne maintenait pas l’inflexible dogme de l’éternité des peines; seulement il en faisait un dogme de police et de discipline, afin d’effrayer les pécheurs. L’Église catholique l’a conservé avec une affreuse rigueur, en le tempérant néanmoins par le dogme du purgatoire qui contient en germe la foi de l’avenir. Entre le dogme du purgatoire et celui des vies successives' il n’y a qu’un pas, et c’est notre siècle qui a mission de le faire.

« La croyance à l’enfer a produit la croyance aux démons et à leur intervention exclusive dans ce monde, ce qui a été cause de superstitions nombreuses et de funestes erreurs.

« Il n’y aura donc pointée châtiment pour les coupables? Ceux qui me font cette objection interprètent mal ma philosophie. J’ai écrit ces lignes significatives : « Il y a des châtiments pro- « portionnés à toutes les fautes, et dont l’intensité dépasse peut- « être notre imagination ; nous voudrions en vain les nier. Quoi- « que tout espoir ne soit pas ôté aux coupables, ne songeons pas « sans effroi à notre fragilité d’ici-bas. Si le bien nous est acluel- « lement si difficile, imaginons-nous quels incroyables efforts né- « cessitera notre réhabilitation dans des mondes inférieurs L »

« Notre doctrine est même plus morale que celle du christianisme. Un moment de repentira la mort ne suffit pas pour expier une vie de crimes, de même qu’un instant de faiblesse ou d’erreur ne suffit pas pour perdre irrévocablement. Dieu pèse dans une balance équitable nos bonnes et nos mauvaises actions, et si le bien l’emporte sur le mal, que le mal où le bien ait été fait au commencement de notre vie ou à la fin, l’homme est récompensé; si le mal, au contraire, l’emporte sur le bien, il est puni. Que ceux qui parmi les chrétiens prennent encore les mots à la lettre cessent donc de s’abuser, et de se flalterdu fol espoir qu’une heure de repentir et l’absolution d’un prêtre suffiront pour effacer

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