PYTHAGORE
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corps de vils animaux. Quant aux âmes des bons, qui s’étaient élevés peu à peu de la vertu à la sagesse, elles finissaient par se diviniser. L’objet de la morale pythagoricienne consistait à favoriser l’élévation la plus prompte à ce dernier terme du bonheur. Empédocle adopta aussi le système de la métempsycose avec là môme erreur. Il se rappelait ses métamorphoses, dans deux vers cités par Clément d’Alexandrin : « Et moi aussi j’ai été jeune garçon, jeune fille; arbre, oiseau, poisson muet au fond des mers. » Platon, luimême, le divin Platon, ne sut pas se garder entièrement de cette grossière erreur, toujours attachée chez les anciens au dogme de la métempsycose. Il admet également le passage de l’àine dans des formes animales.il disait que l’ûme se souvient sur la terre de ce qu’elle a su dans des existences antérieures, et qu’apprendre c’est retrouver la mémoire. Il avait abrégé les trois mille ans du système égyptien. De mille en mille années chaque âme, enseignait-il, entreprenait une nouvelle vie jusqu’à ce que le cercle des dix existences (dix mille ans) fût accompli. Toutefois, au bout de trois vies successives, celui qui avait aim£ sincèrement le beau et le vrai parvenait au terme glorieux de ses destinées *.
Ce qui empêcha la propagation, dans les masses, du système de la métempsycose, ce fut précisément l’absurde
1. Dialogue de Phèdre. Les lAches sont changés en femmes; les hommes légers et vains en oiseaux ; les ignorants en bêles sauvages, d'autant plus rampantes et plus courbées sur la terre, que leur paresse a été plus dégradante ; les âmes souillées et corrompues vont animer des (>oissons et des reptiles aquatiques. (Plalon, Tintée). On voit combien cet immortel philosophe a mêlé d’absurdités aux vérités les plus sublimes et combien le dogme de la métempsycose était chez les anciens dans son enfance, ou plutôt à l’étal seulement embryonnaire.
moïse et le christ.
assimilation de l’essence humaine et de l’essence animale qui a été perpétuellement repoussée par la conscience du genre humain. Moïse, par exemple, qui avait été initié aux mystères de l'Egypte, n’ignorait pas le dogme de la métempsycose; s’il ne le fit point passer dans ses institutions, c’est qu’il craignit sans doute les erreurs auxquelles il l’avait toujours vu môlé. Le temps n’était pas venu d’ailleurs de poser et encore moins de résoudre la question de l’état de l’ûme après la mort. La croyance à l’immortalité n’est pas même nettement exprimée dans les œuvres du divin législateur, elle n’y est qu’en germe et sans aucune contradiction; c’est une semence qui ne devait croîtra et surtout mûrir qu’au soleil de la civilisation et du progrès. Le Christ enseigna formellement cette grande vérité sans la développer toutefois dans toutes ses conséquences, sans révéler le plan entier de la création qui ne pouvait encore être compi is, qui n’était pas approprié au développement des intelligences, quand il plut au Messie de Dieu de se revêtir d’un corps, de Se rendre visible à nous et de marcher dans nos sentiers. Le Christ se contenta de recommander les bonnes œuvres et de sanctionner la morale qu’il annonçait aux hommes, par des promesses aux "bons et par des menaces aux méchants. Pour les rendre plus efficaces, et en même lerrips pour nous faire comprendre l’infinité de notre avenir, il donna à ses promesses et à ses menaces l’indestructible ciment de l’éternité. L’Église, dépositaire de scs doctrines, et chargée de leurs développements progressifs, adopta le dogme du purgatoire dont le Christ n’avait pas parlé, dont aucun passage des Evangiles ne pourrait fournir l’idée, mémo la plus éloignée. Il nous parait évident que par l’adoption de ce dogme, l’Église, qui ne tenait pas cet enseignement du Christ, a cônlinué, mais avec progrès, la tradition indienne;