LES PSAUMES
mot, pas plus que les autres hébraïsants qui ont donné cette version, laquelle acquiert donc par là une valeur considérable. Nous voyons, en effet, la première expiation dans les ténèbres de l'abîme , puis le moyen de réparation et de redressement permis et voulu de Dieu, la réincarnation de l’âme , qui est revêtue du souffle vital , c’est-à-dire de l’enveloppe fluidique de la nature du monde oü elle va s’incarner, et subir une nouvelle épreuve. Tout est vrai, clair et formel dans ce beau texte ainsi traduit, selon le génie de la langue hébraïque.
Qu’on adopte l’une ou l’autre interprétation, la première donne la raison philosophique, la seconde exprime la réalité d’une manière vraiment admirable.
On lit dans le verset 9 du psaume 103 (102 dans le grec et le latin) , en parlant de Dieu : « Il ne conservera pas du « ressentiment éternellement, » et au verset 9 du psaume 143 (144 dans le grec et le latin) : «Jéhovah est bon pout « tous, et sa miséricorde s’étend sur toutes ses œuvres. » Et voilà que le traducteur du mot hébreu ( pour tous) , infatué de ses idées préconçues et fausses , le rend par to/c vnouhovurj , ceux qui persévèrent, ce qui est complètement dénaturer le sens du mot. Au verset 14 du même psaume se trouve cette gronde et belle pensée : « Jéhovah soutient « ceux qui tombent et les relève de leurs chutes. » On voit donc dans tous ces textes une pensée de réhabilitation et de condamnation de l’enfer.
Pénétrons days le cœur même de la question, dans les • profondeurs de la linguistique hébraïque, car étudier la langue d’un peuple, c’est mettre à nu ses croyances les plus intimes. Nous nous bornerons à citer deux textes antiques de la Bible, qui nous dévoileront suffisamment les opinions secrètes de Moïse et de l’auteur du livre de Job.