Franck, ta Kabbale , page 135. — 2. Stromales, livre V
SIMON-BEN -J OCH Al.
C’est le récit de la mort de Simon ben Joebaï, par rabi Aba, celui de ses disciples qu’il avait chargé de rédiger ses leçons. Nous allons essayer de le traduire :
« La lampe sainte (c’est ainsi que Simon est appelé par ses disciples), la lampe sainte n’avait pas achevé cette dernière phrase, que les paroles s’arrêtèrent, et cependant j’écrivais toujours; je m’attendais à écrire encore longtemps, quand je n’entendi3 plus rien. J,e ne levais pas la tête, car la lumière était trop grande pour me permettre de la regarder. Tout à coup je fus saisi . j’entendais une voix qui s’écriait : De longs jours, des années de vie et de bonheur sont maintenant devant toi. Puis j'entendis une autre voix qui disait * Il te demandait la vie, et toi tu lui donnes des années éternelles. Pendant tout le jour, le feu ne se retira pas de la maison, et personne n’osait approcher de lui à cause du feu et de la lumière qui l’environnaient. Pendant tout ce jour-là, j'étais étendu à terre et je donnais cours à mes lamentations. Quand le feu se fut retiré , je vis que la lampe sainte, que le saint des saints avait quitté ce inonde. Il était là étendu . couché sur la droite, et la face souriante. Sou (ils Eliézer se leva, lui prit les mains et les couvrit de baisers; mais j’eusse volontiers mangé la poussière que ses pieds avaient touchée. Puis tous ses amis arrivèrent pour le pleurer, mais aucun d'eux ne pouvait rompre le silence. A la fin, cependant, leurs larmes coulèrent. R. Eliézer, son fils, se laissa jusqu'à trois fois tomber à terre, ne pouvant articuler que ces mots : Mon père! mon père!... R. Ilïah . le premier se remit sur ses pieds, et prononça ces paroles : Jusqu'aujourd’hui la lampe sainte n'a cessé de nous éclairer et de veiller sur, nous; en ce niomenl.il ne nous reste qu’à lui rendre les derniers honneurs.' R. Éliézer et R. Aba se levèrent, pour le revêtir de sa robe sépulcrale; alors tous ses aiuis se réunirent en tumulte autour de lui, et des parfums s’exhalèrent de toute la maison. Il fut étendu dans la bière, et aucun autre que R Éliézer et R. Aba ne prit part à ce triste devoir. Quand la bière fut enlevée , on
PLURALITÉ DES MONDES. U
l'aperçut à travers les airs; et un feu brillait devant sa face. Puis on entendit une vois qui disait ; Venez et réunissez-vous à la fête nuptiale de Rabi Simon... Tel fut ce Rabi Simon, fils de Jocliaï, dont le Seigneur se glorifiait chaque jour. Sa part est belle et dans ce monde et dans l'autre. C’est pour lui qu’il a été dit : Va vers ta fin, repose en pais, et conserve ton lot jusqu’à la fin des jours .v
• Nous ne voulons pas, encore une fois, nous exagérer la valeur que ces lignes peuvent ajouter aux observations qui les précèdent; mais elles nous donneront au moins une idée du caractère que Simon avait aux yeux de ses disciples, et du culte religieux dont son nom est entouré dans toute l’école kabbalistique 1 2.
Voyons à présent les enseignements de la Kabbale sur le premier point, la pluralité des mondes et la rotation de la
terre»
« Dans l’ouvrage de Chammôunale Vieux (que son saint « nom soit béni), il est donné par un enseignement étendu « la preuve que la terre tourne sur elle-même en forme de
« cercle sphérique; quelques habitants sont en haut pen-
« dant que les autres sont en bas, ils changent d as.pect et « de deux suivant les mouvements de rotation, gardent « toujours leur équilibre; ainsi telle contrée de la terre « est éclairée, c’est le jour, pendant que les autres sont « dans les ténèbres, c’est la nuit, et il y a des pays où la « nuit est très-courte 8.
Ainsi doue de toute antiquité le vrai système du monde était connu par révélation divine; il est curieux déliré la réponse que fait’M. Franck à ceux qui. en présence de ce
1 . Sepher ietzirnh, 3e part., fol. 29G, verso, édit. Mantoue. — 2. Franck,
la Kabbale, page 129.- 3. 3* partie du Zohar, fol. 10, recto.
PLURALITÉ DES MONDES
texte embarrassant pour leur scepticisme matérialiste, prétendent que le Zohar est une imposture, parce qu’il n’a pu être écrit, selon eux, qu’après Copernic et Galilée. Ainsi les pauvres critiques objectent précisément contie l’authenticité des monuments kabbalistiques, ce qui est une preuve irréfragable de leur inspiration. M. 'Franck répond comme il suit':
« On a demandé comment, dans un temps aussi éloigné de nous que celui auquel nuus rapportons le principal monument du système cabalistique, on a pu connaître le principe qui fait la base de la cosmographie de nos jours, ou le système de Copernic, si clairement résumé dans un passage dont nous avons plus haut donné la traduction. Nous répondrons que, dans tous les cas, même en admettant que le Zohar n’est qu’une imposture de la fin du treizième siècle, ce passage était connu avant la naissance de l’astronome, prussien. Ensuite, les idées qu’il renferme étaient déjà répandues parmi les anciens, puisque Aristote les attribue à l’école de Pythagore. « Presque tous ceux, dit-il, qui affir- « ment avoir étudié le ciel dans son ensemble, prétendent « que la terre est au centre; mais les philosophes de l’école « italique, autrement appelés les Pythagoriciens, enseignent « tout le contraire; dans leur opinion, le centre est occupé « par le feu, et la terre n’est qu’une étoile dont le mouve- « ment circulaire autour de ce même centre, produit la nuit « et le jour. » Dans leurs attaques contre la philosophie, les premiers Pères de l’Église n’ont pas cru devoir épargner ‘cette opinion, qui leur semblait inconciliable avec le système cosmologique enseigné dansla Genèse. «C’est, ditLactance, « une absurdité, de croire qu’il y a des hommes qui ont les « pieds au-dessus de leurs tètes, et des pays où tout est « renversé, où les arbres et les plantes croissent de haut
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