SA MISSION
' Le sublime esprit d’Origène voulut entreprendre une tâche trop grande à cette époque; ii essaya de confondre les sectes manichéennes, de justifier la Providence, d’expliquer l’origine du mal et de révéler la loi de la destinée. Efforts inutiles! téméraires pensées! le genre humain n’était pas préparé à de telles vérités. Le Christ avait gardé un prudent silence sur la formidable question de l’origine du mal, sur le3 modes de la vie future ; il annonça seulement, pour encourager les bons et effrayer les méchants, des récompenses et des punitions auxquelles il donna la redoutable consécration de l’éternité. Le Christ ne pouvait livrer aux hommes la vérité absolue; l’absolu devient relatif lorsqu’il descend dans l’humanité : ce que le Messie n’avait pas fait, un homme l’osa; il l’osa aux premiers siècles de l’Eglise, sans qu’aucune évolution nouvelle du genre humain pût justifier l’audace de cette tentative; il devait nécessairement échouer; la société ignorait à cette époque la loi de l’initiation et du progrès qui lui est depuis peu connue L Son éducation n’était pas assez avancée. Le Christ n’eût pas été compris du vulgaire, il n’en parla donc pas ; mais Origène avait une tout autre mission, il représentait, par la volonté de Dieu, cet impatient écolier de la quatrième ou de la cinquième classe qui, lier d’étre le premier de tous ses condisciples, s’érigerait •en professeur de rhétorique ou de philosophie. Les autres •élèves ne le comprendraient pas et condamneraient ses fpensées; quant à lui, il poursuivrait sa tâche. Pour ex- \
1 . Pour comprendre la loi du progrès, il fallait que l'humanité traversât diverses phases qui pussent servir de termes à la comparaison. La théorie du progrès n’est même encore qu’à son enfance. Nous n’en •'avons que les premiers éléments. Nous commençons nos études sur ce .point.