SON SYSTÈME
pliquer la création du monde où régnent le mal physique et le mal moral, Origène suppose que l’union des âmes aux corps est une punition 1 ; il ne comprenait pas la nécessité de l’initiation et la laborieuse conquête du progrès. Citons un passage de saint Augustin : « Les âmes ont péché « en s’éloignant de leur créateur; écheloqnées du ciel à la
1. Les causes de la différence des conditions proviennent, selon Origène, d’existences antérieures. « Quoniatn justitia débet creatoris « in omnibus apparere, » par la raison que la justice du Créateur doit paraître en toutes choses. (Oc principii», lib 11, cap. IX, art. 7.)« Mens « corruens facta est anima. » L’esprit déchu a élé Tait âme, et l'âme réparée redeviendra pur esprit. (Cap. VII, art. 3.1 Le monde, en effet, se compose de créatures intelligentes dans les états les plus divers. Quel autre motif donner à son existence que la diversité île la chute de ces êtres qui ont eu un point de départ commun? Avant que les créatures descendissent aux lieux inférieurs, et échangeaient l’invisible contre le visible, en se revêtant de corps lourds et épais, elles jouissaient au sein de Dieu d'une béatitude sans trouble et d’un repos constant. Dieu leur Ht des corps conformes â leur condition et proportionnés au degré de leur chute; c’est ainsi que fut fabriqué le monde visible. (Lib. IV, cap. V, art. é.) a Diversi motus et varice volunlales » diversum acripiunt statum, id est, ut angeli domines, vel dirmoues, » et rursum ex his hmuiuesvel angeli (ianl. Crandis ncgiigenliæ atque » desidiæ est in tauluin uniim quemque deilluere alque evacuari, ut « ail viiia veniens, irrationubilium juinenlorum possit crasso cnrpori ■ altigari. » (Lib. III, cap. v, arl. 4.) a Les divers mouvements el les diverses volontés reçoivent des étals divers, de lelle-sorte que les anges deviennent des hommes ou des anges, ou des démons, el les démons redeviennent des hommes ou des anges, et telle peut être la défaillance et la chute où la négligence el la paresse entraînent chaque créature, que tombée dans le vice elle soit enchaînée au corps grossier des bêtes privées de raison. » Rufin, disciple d’ürigène, traducteur latin de. ses œuvres n'avail donc pas entièrement rejeté les anliqurs errements de la métempsycose. Il admettait toutefois un grand principe, c’est que l’élévation à un rang supérieur est accordée à chacun. « Per singulos • in omncet ali omnibus in singulos. » (Lib. I, cap. vi, arl. 3.) « De chacun en tous et de tous en chacun... » Mais il laissait même après l'arrivée au but la possibilité de la chute.