‹ La pluralité des existences de l'âmeChapitre 97 sur 193 · TTE · texte numérisé non relu

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tuel, pour parler avec saint Paul, impondérable, incorruptible et immortel. En disant cela, nous sommes avec la tradition universelle, avec la vérité.

Loin d’admettre l’absorption finale en Dieu, nous enseignons partout et toujours, même dans la vie éternelle, le règne de la personnalité et de la liberté.

Enfin, nous repoussons l’idée de la déchéance possible des âmes qui sont arrivées au but et ont pris possession de la vie éternelle. Nous ne pouvons penser que le dur et pénible labeur des générations passées soit perdu, que nos efforts dans la conquête de l’intelligence et de la moralité n’aient pas une récompense stable, qu’il faille recommencer sans repos et sans fin nos longs voyages à travers les mondes; nous croyons que notre volonté, éclairée par de si laborieuses expériences, forte de tant d’épreuves subies., ne faillira plus, ne se séparera plus de Dieu, qu’elle sera parvenue à contempler face à face. La loi du progrès indéfini satisfait complètement la mobilité de la créature ; nous croîtrons sans cesse et sans terme, sans atteindre jamais l’infini et l’incréé, en intelligence, en volonté et en amour.

relie, n’est ni visible ni tangible. Ce n’est pas la couleur, le parfum , la saveur, le son, la figure qui constituent l’essence de la matière, phénomènes passagers et transitoires que la dissolution peut atteindre sans pénétrer jusqu’à l’être. L’union de l’àme et du corps est éternelle. N’oublions pas que la dualité humaine se résout en définitive dans une indivisible unité, et si l’identité de l’être est sauvée même avec une diversité de manifestation, elle ne peut se conserver que par la persistance de l’élément substantiel tout entier. La résurrection, telle que l’enseigne l’Église catholique, doit s’entendre du moment où les épreuves étant terminées et les temps accomplis, le corps animal ressuscite corps spirituel, comme dit saint Paul, et a le souvenir complet de tous les instants de son existence. L’idée chrétienne, mal entendue par quelques-uns qui ont présenté des objections ridicules, est donc parfaitement vraie et exacte.

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Origène était parti d’une erreur, en supposant la perfection avant la chute; il devait professer logiquement le retour à un même but aussi fragile que le premier. Nous nous gardons de cette erreur, et notre conclusion finale est sans reproche.

Une chose est surtout remarquable dans les condamnations qui ont frappé la doctrine d’Origène, c’est que par un effet de la grâce divine et du mouvement providentiel, les conciles ont frappé précisément, à leur insu, la partie ténébreuse du christianisme, celle qui doit disparaitre dans l’évolution des siècles et par l’avénement de V esprit. Les conciles se sont bornés à condamner l’opinion qui représente les hommes comme des archanges déchus , mais ils n’ont pas attaqué la préexistence progressive et vulgaire; ils lancent de plus l’anathème contre la proposition que le démon puisse se sauver. Or, comme les archanges ou anges déchus, démons selon que le dogme enfantin les entend, n’existent pas, il s’ensuit que les conciles n’ont, par le fait, prononcé que sur des êtres chimériques. Pas un mot n’est dit contre le salut des hommes, quelque criminels qu’ils soient. La question n’est donc pas tranchée et nous devons en remercier la Providence.

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