CHRISTIANISME
exotérique des anciens Grecs et des Latins à ce sujet. Moïse n’en avait pas parlé dans sa Genèse toute écrite au point de vue de la terre. Les vraies notions astronomiques étaient inconnues aux Pères de l’Eglise, puisque Lactance et saint Augustin s’élèvent contre l’opinion qui avait cours dans les mystères et dans la théologie secrète des Juifs sur l’existence des antipodes. Il en avait été de même de la pluralité des vies qui, bien qu’enseignée par le Zohar, ne trouvait place, ainsi que nous l’avons dit, que par fragments et allusions dans les prophètes et les livres canoniques juifs. Le parti qu’avaient pris les successeurs du Christ était plus héroïque et plus formel; ils avaient étouffé celte doctrine chez Origène et les origénistes, tout en ne frappant que l’erreur d’une préexistence angélique et du salut des anges déchus, c’est-à-dire des suppositions tout à fait chimériques. Voyons un peu le courant des idées dans le développement des dogmes de l’enfance chez les chrétiens.
La base du christianisme est la mission, la mort et la résurrection de Jésus-Christ; il fallait expliquer avant tout pourquoi le Divin envoyé était venu parmi nous, pourquoi un supplice volontaire et ignominieux avait scellé sa doctrine et sa vie. Les esprits de cette époque ne comprenaient pas encore la nécessité du développement religieux; ils n’entrevoyaient pas pourquoi la matière et le mal dominant sur la terre, il était indispensable que le beau idéal fût réalisé ici-bas et laissât pour enseignement le dévouement jusqu’à la mort ; les idées prirent une autre direction qui était sans doute en ce moment plus convenable au progrès; c’est à saint Paul surtout que fut donnée la tâche d’expliquer le christianisme après que Dieu eut appelé le grand penseur à la nouvelle loi par une élection toute particulière et une conversion miraculeuse. Saint Paul, mora-