NICOLAS DE CUSA
prodigue toutes sortes d'encouragements et de récompenses. Oui, un demi-siècle environ avant la naissance de Copernic', c'est un cardinal romain qui écrivit les phrases suivantes : « Quoique le monde ne soit pas infini, on ne peut cependant se le représenter comme fini, puisque la raison humaine ne saurait lui assigner aucun terme... car, de même que la terre ne saurait être au centre, la sphère des étoiles fixes ne saurait y être davantage. Il n*y a que Dieu qui puisse occuper le centre du m^nde ; donc ce monde est comme une vaste machine ayant son centre partout et sa circonférence nulle part ( machina mundi, quasi hahens ubique centrum, et nullibi circumferentiam)... Or la terre n'étant pas au centre... ne saurait être immobile;... et, bien qu'elle soit beaucoup plus petite que le soleil, il ne faut pas en conclure qu'elle en soit moins noble pour cela [vilior),,. On ne peut savoir si ses habitants sont plus ou moins nobles que ceux qui sont plus près du soleil ou dans les autres étoiles, si l'on tient à ce que tant d'espaces sidéraux ne soient pas privés d'habitants... La terre, un des globes les plus intelligents, qui ne paraissent pas pouvoir être surpassés en noblesse et en perfection. »
Ainsi donc: idée sage de l'infini, mouvement de la terre, sa rondeur nécessaire et môme sa rondeur imparfaite, son peu d'importance matérielle, pluralité des mondes,... rien ne manque en ce peu de lignes de Nicolas de Cusa.
Arrivent enfin Copernic et Galilée, les vrais vulgarisateurs.
Voici comment un auteur moderne apprécie la grandeur des découvertes de Galilée :
« Ce qui effrayait d'abord, c'était la nécessité d'agrandir ridée 1. M. de Mirville, quvrage cité, tome IV.