CHAPITRE ir
DELORMEL
Nous citerons, d'une part, des hommes qui tiennent tout de l'initiation, qui ont reçu leurs principes sur la pluralité des mondes et des existences par tradition et enseignement; d'autre part, des écrivains qui sont arrivés à ces deux convictions, l'une matérielle, l'autre morale, parleur propre esprit, aidé de l'inspiration divine.
Parmi les premiers, c'est-à-dire les initiés, nous trouvons Bclormel, que l'on a accusé d'avoir trahi des secrets dont il avait été instruit, dans sou rare et curieux ouvrage intitulé : La grande période solaire^ et qui conclut ainsi son examen des mystères : « On savait de toute antiquité, « et même avant le déluge, qu'il n'y a qu'un Dieu... que, « par la nécessité toute naturelle de sa honte, il a laissé à « toutes ses créatures intelligentes la faculté de mériter ou tt de démériter; que tous les temps, tous les lieux, tous les « glohes célestes sont assignés à différentes classes d'êtres, « pour y mériter, par leurs œuvres, pardon, récompense « ou punition ; que certains temps, certains lieux, certains « globes sont plus généralement des temps et des lieux de (( miséricorde, d'autres des temps et des lieux d'expiation; « que les degrés du mérite et du démérite éUut iiuléfinis,
« les peines et les récompenses sont dans une graduation « également indéfinie.» (Pages 134, i35, ^ipassim.) Nous allons analyser quelques aperçus de Delormel sur la vie future. Nous ne savons si les reproches de parjure et de trahison des secrets de l'initiation sont fondés, nous sommes seulement autorisé à conclure que, pour les avoir encourus, il faut qu'il ait pénétré avec sagacité le sens de Ja doctrine cachée encore et ésotérique.
Delormel, dans l'ouvrage déjà cité\ s'exprime ainsi :
« Comme il n'est pas moins absurde d'imaginer que les biens et les maux arrivent au hasard, que de croire que Dieu soit injuste, il paraîtrait assez que cette terre porte des êtres qui ont déjà mérité ou l'un ou l'autre sort. Sans celte supposition, comment expliquer que certains hommes naissent avec des infirmités considérables, passent leur vie dans les douleurs, dans la pauvreté, et meurent, ceux-ci avec résignation, ceux-là en blasphémant Dieu; d'autres, au contraire, naissent dans l'abondance et dans les honneurs. Ces globes, que nous voyons rouler sur nos tètes, ne nous attendraient-ils pas successivement? Nous y trouverons des différences de vertus et de vices, de bonheur et de malheur entre les êtres qui les habitent, comme nous en voyons en ce monde. Nous irons, si nous le méritons, sur des globes où nous serons, avec d'autres habitants, environnés de plus de biens et de moins de maux, plus enclins à la verlu, moins au vice, moins imparfaits. C'est peut-être déjà une récompense, que nous ayons sur la terre plus ou moins la faculté de connaître le passé, et même, quelques-uns d'entre nous, une forte pénétration de l'avenir. Nous pourrons arriver sur des globes où nous aurons plus parfaitement cette double faculté, au point de nous rappeler ce que nous faisons aujourd'hui, et de prévoir, dans une certaine