‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 116 sur 181 · Voici ce curieux passage · texte numérisé non relu

Voici ce curieux passage

Some say, he bid augels turn askance The pôles of earth Iwice ten degrees and more From the sun's axie : they witb labour pushM Oblique tbe ceotric globe. ....

else had the spring

Perpétuai smil'd on earth \vilh vernant ûowcrs, Equal in days and nights, except to those Beyond the polar circles ; to them day Bad unbenighted shoue ; ^hile the low sua, To récompense his distance,' in their sight Had rouaded slili th* horizon, and not knowa Or east or v^est; 'wltich had (orbid the snow Front cold Eslotiland, and south as far

Bcneath Magellan.

« On dit que Dieu ordonna à ses anges d'incliner les p6les de la terre deux fois dix degrés et plus sur l'axe du soleil (l'équateur). Avec \m

DELORMEL

DELORMEL

effet, qu'ayant le péché de nos premiers parents un printemps perpétuel régnait à la surface de tout le globe, dont l'axe était droit sur récliptique; mais qu'aussitôt qu'Adam et Eve eurent mangé du fruit défendu les principaux d'entre les anges, armés de glaives flamboyants, furent dépêchés du ciel pour aller incliner les pôles de la terre de deux fois dix degrés et plus. Or, pour raisonner dans le sens de cette ingénieuse fiction, il est heureux pour nous qu'ils ne les aient pas fait pencher davantage, puisqu'il s'en fftt suivi des saisons encore plus tranchées et partant encore plus défectueuses*. »

laborieux effort ils poussèrent obliquement le globe* central (la terre), feans cela, un printemps perpétuel aurait souri à la terre, avec de vernales fleurs, égal en jours et en nuits, excepté pour ceux qui iiabitrnt au delà des cercles polaires. Pour ces derniers. le jour ^l brillé sans nuit, tandis que le soleil toujours bas, en compensation de son éloi-neinent, eùl tourné à leurs yeux autour de l'horizon, et ils n'auraient connu m orient ni occident : la neige eut été écartée ainsi de l'Estoliland glacé, et vers le sud, des contrées magellaniuues. » (Paradis perdu, livre X.) ^

t. Les Mondes, ou Essai philosophique sur les conditions d'existence des êlres organisés dans notre système planétaire, par le docteur Pligson. Cet ouvrage curieux, publié eu 1847, peut être utilement consulte. Seulement, je préviendrai ceux de mes lecteurs qui auront recours à ce livre, que dans des recherches pareilles on ne peut jamais trouver la vérité absolue. En effet, comme nous n'avons pas de moyens pour concevoir l'organisation des êlres qui habitent les autres planètes nous ne pouvons prmdre que sur la terre nos termes de comparaison! Or. la nature étant indéGniment variée, qui peut nous dire que cette organisation ne soit pas complètement différenle et qu'ainsi les modes d'existence transmondains n^ soient pas profondément modifiés? Ainsi le docteur Phsson pense que la lune et Vesta ne sont pas habitées, parce que ces globes sont privés d'atmosphère et d'eau. Mais qui ose^ rait alTirmer qu'il est impossible de supposer l'existence d'êtres capables de vivre sans atmosphère et sans eau, ou du moins avec une atmosphère telle qu'elle échapperait à tous nos moyens d'investigation pendant le phénomène de l'occultation des étoiles? Tout ce que l'on peut raisonnablement conclure, c'est que des habitants organisés comme nous ne sauraient y vivre. Les résultats obtenus par de semblables recher-

Le môme auteur arrive à une conclusion parfaitement semblable à celle que j'ai émise, dans tous mes précédents ouvrages, sur Tinfériorité incontestable du séjour terrestre:

€ Il est clairement prouvé, à moins de se refuser à toute « évidence, que la terre n*est pas, à beaucoup près, le « meilleur des mondes possible, même dans notre sys- « tème planétaire ^. »

ches sont donc essentiellement limités par les bornes de la science terrestre. H ne faut pas demander à celle-ci plus qu'elle ne peut donner. Je dirai la même chose de la question des causes finales, dont le docteur Plisson se montre l'adversaire décidé. Pour comprendre les causes finales de la vie planétaire, il faudrait savoir ce que nous ignorons : quelle est l'organisation de leurs habitants, quelle est la constitution physique des planètes, quels besoins s'y font sentir. Je ne ferai qu'une réponse aux négations du docteur Plisson. Le principe des causes finales me semble démontré à priori par la seule notion de Dieu et par sa qualité de créateur. Peu m'importe que je ne puisse pas démontrer en fait que la Providence a mis un ordre suprême dans la disposition des globes habités ; je le sais, je le crois indépendamment de toute expérience. Je sais, je crois qu'il y a plusieurs demeures dans la maison du Seigneur, que les unes sont des lieux de délices et de récompenses, les autres des lieux d'épreuves, d'autres encore des lieux d'expiation; qu'il y a dans chacune d'elles corrélation entre l'ordre physique et l'ordre moral; que le mal est toujours conditionnel et transitoire, que la plus sublime harmonie préside à l'ensemble, et que les imperfections de tel ou tel monde sont liées au plan général. Toutefois, les savantes investigations du docteur Plisson peuvent singulièrement se rapprocher de la vérité, si l'on considère qu'il est très-probable que les globes de notre système planétaire sont ceux de l'univers qui ont entre eux le plus de rapports et doivent être dans le degré hiérarchique le plus

voisin*.

1 . Fourier a signalé aussi les inconvénients de la position de l'axe terrestre. Celte inclinaison est pour lui le présage de la future couronne boréale qui doit régénérer le pôle nord et remédier aux défectuosités de l'axe du globe. « Si l'on suppose, dit-il, que la couronne ne doive jamais naître, l'axe devrait, pour le bien des deux continents,

• V. Flammariou, la Pluralité des mondes habiiés, lir. H, et surtout Ut. V.

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Toutefois, si le point de départ de Delormel est à l'abri d'une discussion sérieuse, il s'en faut que son hypothèse du retour périodique de Page d'or et d'un grand cataclysme soit au niveau de la science moderne. La plupart des astronomes inclinent à penser que les variations de l'angle éclipticien sont dues non à un mouvement sans limites, mais à un mouvement oscillatoire auquel des bornes précises peuvent être assignées. C'était déjà l'avis d'Euleretde Bailly. Plus tard les calculs de Laplace ^ ont démontré que l'angle de l'écliptique oscillait, dans une période excessivement longue, et par un mouvement très-lent, entre un maximum d'environ 24", et un minimum qui ne s'abaisse

êire renversé d'un vingt-quatrième, ou sept degrés el demi sur le méridien de Sandwich el de Conslanlinople. » Après avoir décrit le bien qui en résulterait, il ajoute: «Dieu aurait posé l'axe dans le sens que j'indique, si nous devions être privés de la couronne boréale, au moyen de laquelle notre axe, qui est ridiculement placé aujourd'hui, se trouvera dans la position la plus favorable au bien général. Indice péremptoire de la nécessité de la couronne el de sa naissance future. Quelques savants admirent jusqu'à l'araignée, jusqu'au crapaud el aulrcs ordures, dans lesquelles on ne peut voir qu'un titre de honte pour le créateur, jusqu'à ce que nous connaissions les motifs de celle malfaisance; il en est de même de l'axe du globe dont la position vicieuse devait nous induire à désapprouver Dieu el à deviner la naissance de la couronne qui justifiera cette apparente bévue du créateur. Mais nous n'avons su ni déterminer les correcUfs nécessaires à son ouvrage, ni pressentir les révolutions malérielles et politiques par lesquelleê il efTectuera ces corrections. > (Théorie des quatre mouvements, édition de Leipzig, p. 71 el 7 3). Toutes les rêveries de Fourier proviennent, sur ce point, de ce qu'il a méconnu la vérité proclamée par toutes les initiations antiques: la terre, c'est l'enfer (le monde inférieur). Olei au séjour tirreslre l'idée de lieu d'épreuve, d'expiation, de travail el do douleur, Dieu devient le plus incompréhensible el le plus malfaisant des êtres. Pour ne pas proclamer cette conséquence irrésistible, Fourier a miaginé sou système eosmologique.

l. Mécanique céleste, t. II, p. 31.

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lamais au delà de 21** environ, ce qui rend cette variation à peu près indifférente pour la constitution de notre planète, et M. de Humboldt, dans son Cosmos^ a complètement adopté cette opinion. Si l'bypothèse de Delormel était vraie, on devrait l'étendre, par analogie, aux autres planètes du système. Ainsi, Jupiter aurait maintenant son ûge d'or, Uranus serait dans sa période malbeureuse, la Terre inclinerait au contraire vers des temps fortunés. Il n'y a donc pas à s'émouvoir de cette opinion, qui ne contrarierait en rien le dogme des vies successives. Il pourrait se faire que, dans les mondes inférieurs de notre système planétaire,' des alternatives d'beur et de malheur eussent lieu pour le même globe, ce qui modifierait chaque fois le décret de Dieu dans la distribution des âmes. Seulement, cette supposition ne s'accorderait pas avec le progrès indéfini de l'humanité; il faudrait dire, avec Fourier, que l'humanité aura, à la fin de son cycle, une époque de décrépitude. J'aime mieux me rattacher à l'autre parti, qui me semble plus conforme au plan de la Providence.

Si Delormel.a eu la croyance à la pluralité des mondes et des idées astronomiques avancées, si de plus il a eu foi dans la pluralité des existences, c'est qu'il avait été initié, et tenait ces doctrines des sociétés auxquelles il avait été agrégé. Retenonsde l'analyse de ses écrits ce fait capital, qu'il croyait au progrès de chaque planète, qu'il enseignait que tel globe, d'abord malheureux, et destiné aux punitions comme aux épreuves, se changeait avec le temps en un séjour fortuné servant de station et de repos aux êtres qui l'avaient mérité. Il y a là une grande idée, obscurcie sans doute par la fausse opinion d'une décadence succédant au progrès; mais en élaguant ce dernier aperÇu, le premier reste avec toute sa sévérité et tout son éclat.

CHARLES BONNET

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