‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 121 sur 181 · Z'/f/., IVc i.art.,di xi · texte numérisé non relu

Z'/f/., IVc i.art.,di xi

« Nous ne découvrons à présent de cette grande chaîne que <iuelques anneaux; nous ne sommes pas même sûrs de les observer dans leur ordre naturel ; nous ne suivons cette progression admirable que très-imparfaitement et à travers mille et mille détours; nous y rencontrons des interruptions fréquentes ; mais nous saurons toujours que ces lacunes sont bien moins celles de Ja chaîne que celles de nos connaissances.

«.Lorsqu'il nous aura été accordé de contempler cette chaîne, comme j'ai supposé que la contemplent ces intelligences pour lesquelles notre monde a été principalement fait; lorsque nous pourrons, comme elles, en suivre les prolongements dans d'autres mondes; alors, et seulement alors nous verrons leur dépendance réciproque, leurs relations secrètes, la raison prochaine de chaque chaînon, et nous nous élèverons ainsi par une échelle de perfections relatives jusqu'aux vérités les plus transcendantes et les plus lumineuses.

« Chaque monde planétaire a donc son économie particulière, ses lois, ses productions, ses habitants, et rien de tout cela ne «e retrouve de la même manière ni dans le même ordre dans aucune planète. La répétition des mêmes modèles en différents mondes serait un indice de stérilité, et comment concevoir un terme à la fécondité de Tintelligence infinie? Si une métaphysique relevée nous persuade qu'il n'est pas sur la terre deux individus précisément semblables, si des observations délicates poussées fort loin paraissent confirmer la même vérité, quels ne doivent point être les caractères qui différencient un monde d'un autre monde, et même deux mondes les plus voisins! Ainsi chaque monde est un système particulier, un ensemble de choses qui ne se rencontre dans aucun autre point de l'espace, et ce système particulier est au système général ce qu*est un piguon ou une roue dans une machine, ou, mieux encore, ce qu'est une fibre, «ne glande dans un tout organique.

a De quels sentiments notre âme ne sera-t-elle donc point inondée , lorsqu'après avoir étudié à fond l'économie d'un monde, nous volerons vers un autre, et que nous comparerons

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entre elles ces deux économies! Quelle ne sera point alors la . perfccticu de notre cosmologie! quels ne seront point la généralisation et la fécondité de nos principes, l'enchaînement, la ^ multitude et la justesse de nos conséquences I quelle lumière rejaillira de tant d'objets divers sur les autres branches de nos connaissances, sur notre physique, sur notre géométrie, sur notre astronomie, sur nos sciences rationnelles, et principalement sur cette science divine qui s'occupe de l'Être des tHres I

« Toutes les vérités sont enchaînées, et les plus éloignées tiennent les unes aux autres par des nœuds cachés; le propre de l'entendement est de découvrir ces nœuds. Newton s'applaudissait sans doute d'avoir su démêler les rapports secrets de la chute d'une pierre au mouvement d'une planète ; transformé un jour en intelligence céleste, il sourira de ce jeu d'enfant, et sa haute / géométrie ne sera plus pour lui que les premiers éléments d'un \ autre infini.

« Mais la raison de l'homme perce encore au delà de tous les mondes planétaires ; elle s'élève jusqu'au ciel où Dieu habite; elle contemple le trône auguste de l'Ancien des jours; elle voit toutes les sphères rouler sous ses pieds et obéir à l'impulsion que sa main puissante leur a imprimée; elle entend les acclamations de toutes les intelligences^ et mêlant ses adorations et ses louanges aux chants majestueux de ces hiérarchies, elle s'écrie dans le sentiment profond de son néant : Saint, Saint, Saint est Celui qui est rÉternel et le seul bon, gloire soit à Dieu dans les lieux célestes! Dicnveillance envers l'homme! 0 profondeur dés richesses de la bonté divine! elle ne s'est point bornée à se manifester à l'homme sur la terre parles traits les plus multipliés, les plus divers, les plus touchants; elle veut encore l'introduire un jeur dans les demeures célestes et i abreuver au fleuve des délices. 11 Y a plusieurs demeures dans la maison de notre Père; si cela n'éluit pas, son envoyé nous l'aurait dit : il y est allé pour nous y préparer une place... il en reviendra et nous prendra avec lui, afin que nous soyons où il sera... où il sera; non dans les

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parvis, non dans le sanctuaire de la création universelle; mais dans le Saint des saints... où il sera; où sera le Roi des anges et des hommes, le Médiateur de la nouvelle alliance, le chef et le consommateur de la foi, celui qui nous a frayé le chemin nouveau qui mène à la vie, qui nous a donné la liberté d'entrer dans le lieu très-saint, qui nous a fait approcher de la ville du Dieu vivant, de la Jérusalem céleste, 4e l'innombrable multitude des anges, de Dieu même, qui est le juge de tous.

« Si la souveraine bonté s'est plu à parer si richement la première demeure de l'homme; si elle y a répandu de si grandes beautés, prodigué tant de douceurs, accumulé tant de biens; si toutes les parties de la nature conspirent ici-bas à fournir à l'homme des sources intarissables de plaisirs; que dis-jel si cette bonté ineffable enveloppe et serre l'homme de toutes parts ici-bas, quel ne sera point le bonheur dont elle le comblera dans la Jérusalem d'en haut ! quelles ne seront point les beautés, la richesse et la variété du magnifique spectacle qui s'offrira à ses regards dans la maison de Dieu, dans cet autre univers qui enceint tous les orbes planétaires, et où l'être existant par soi donne aux hiérarchies célestes les signes les plus augustes de sa présence adorable!

« Ce sera dans ces demeures éternelles, au sein de la lumière, de la perfection et du bonheur, que nous lirons l'histoire générale et particulière de la Providence. Initiés alors jusqu'à un certain point dans les mystères profonds de son gouvernement, de ses lois^ de ses dispensations, nous verrons avec admiration les raisons secrètes de tant d'événements généraux et particuliers, qui nous étonnent, nous confondent, et nous jettent dans des doutes que la philosophie ne dissipe pas toujours, mais sur lesquels la religion nous rassure toujours. Nous méditerons sans cesse ce grand livre des destinées des mondes. Nous nous arrêterons surtout à la page qui concerne celles de cette petite planète, si chère à notre cœur, le berceau de notre enfance, et le premier moni>ment des complaisances paternelles du Créateur à l'égard de l'homme. Nous n'y découvrirons point sans surprise les différentes révolutions que ce petit globe a subies avant que de revêtir la

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forme actuelle, et nous y suivrons à l'œil celles qu'il est appelé à subir dans la durée des siècles; mais ce qui épuisera notre admiration et notre reconnaissance, ce seront les merveilles de cette grande rédemption, qui renferme encore tant de choses audessus de notre faible portée, qui ont été l'objet de l'exacte rechercbe et de la profonde méditation des prophètes, et dans lesquelles les anges désirent de voir jusqu'au fond. Un mot de cette page nous tracera aussi notre propre histoire et nous développera le pourquoi et le comment de ces calamités, de ces épreuves, de ces privations qui exercent souvent ici-bas la patience du juste, épurent son âme, rehaussent ses vertus', ébranlent et terrassent les faibles. Parvenus à ce degré si supérieur de connaissances, l'origine du mal physique et du mal moral ne nous em-^ barrassera plus : nous les envisagerons dictinclement dans leur' source et dans leurs effets les plus éloignés, et nous reconnaîtrons avec évidence que tout ce que Dieu avait fait était bon*, n — « Nous n'observons sur la terre que des effets, nous ne les obser- Tons même que d'une manière très-superficielle; toutes les causes nous sont voilées*; alors nous verrons^ les effets dans leurs causes, les conséquences dans leurs principes, l'histoire des individus dans celle de l'espèce, l'histoire de l'espèce dans l'histoire du globe, cette dernière dans celle des mondes, etc. Présentement nous ne voyons les choses que confusément et comme par un verre obscur; mais alors nous verrons face à face, et nous connaîtrons en quelque sorte comme nous avons été connus. Enfin, parce que nous aurons des connaissances incomparablement plus complètes et plus distinctes de l'ouvrage, nous en acquerrons aussi de beaucoup plus profondes des perfections de l'ouvrier. Et combien cette science, la plus sublime, la plus vaste, la plus désirable de toutes, ou plutôt la seule science, se perfectionuera-t-elle sans cesse par un commerce plus intime avec la aource éternelle de toute perfection! Je n'exprime point as-

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