Théorie de Vunité universelle, t. II, p
FOURIER
« une sphère supérieure ou extra-mondaine avec un corps « plus subtil et des sens plus délicats. Toutes ces vies, « au nombre de huit cent dix, sont distibuées entre cinq « périodes d'inégale étendue et embrassent une durée de « quatre-vingt-unmilleans.Decesquatre-vingt-unmilleans, « nous en passerons vingt-sept mille sur notre planète et « cinquante-quatre mille dans Tatraosphôre. Auboutdece « temps touteslesàmesparticuliôres,perdantlesentimentde « leur existence propre, se confondront avec Tùme de notre « planète, car les astres sont animés comme les hommes. Le « corps de notre planète sera détruit, et leur ûme passera « dans un globeentièrement neuf, dans une comète de nou- « velle formation pours'élever de là, parunnombreinflnide « transformations successives, aux degrés les plus sublimes « de la hiérarchie des mondes. » Ainsi à la métempsycose humaine vient se joindre ce que Fourier appelle la métempsycose sidérale, mais avec l'humanité collective. Pour revenir à la première, qui nous intéresse le plus directement, voici en quoi elle consiste. La vie qui nous attend , au sortir de ce monde, est à notre existence actuelle ce que la veille est au sommeil, ou ce que notre existence actuelle est à notre vie antérieure. Notre ûme ayant pour corps un simple fluide appelé arôme, planera dans les airs comme l'aigle, traversera les rochers ou l'épaisseur de la terre, et jouira constamment de la volupté qu'on éprouve en rêve lorsqu'on croit s'élever dans l'espace. Nos sens épurés ne rencontreront plus d'obstacles, et tous les plaisirs que nous connaissons aujourd'hui nous seront rendus plus vifs et plus durables.
« Il y a, dans notre vie présente, certains états, tels que « l'extase et le somnambulisme magnétique, qui nous don- « nent une faible idée de notre existence future; mais si
FOURIER
« nous la pouvions connaître tout entière, nous n'y résis- « terions pas : nous aurions hâte de sortir d'un monde où « nous sommes si malheureux et si mal gouvernés , le « genre humain deviendrait une hécatombe ^
« L'âme entre dans le corps à l'époque de la dentition: « jusque-là l'enfant est animé par la grande ùme de la terre.
« Les âmes spécialesétaientavantla vie, elles sont après la V vie;et,ausortirducorps,pourne point s'isoler des sensa- « lions matérielles, elles s'unissent à un corps éthéré, qui « pénètre les solides les plus compactes, ou se transfusent M dans un corps humain sur notre globe. Le désir de lamé- « tempsycose avec souvenir de la vie présente est la preuve de « ce fait; car Dieu, distribuant les attractions en dose pro- « portionnelle aux destinées, serait un distributeur inepte, <{ injuste, cruel, s'il ne réalisait pas le désir que tout homme « éprouve, à son déclin, d'une renaissance en corps et en « lumières acquises précédemment. Il est fâcheux que le « souvenir d'outre-tombe nous manque, ce serait une « excellente preuve de la transmigration des âmes. »
L'imagination de Fourier ne laisse pas que de déterminer avec une précision mathématique les allées et venues d'un inonde à l'autre. Au décès de celte planète, sa grande âme, et par suite les nôtres, puisqu'elles en sont des émanations; passeront sur une autre planète neuve, où elles continueront leurs évolutions, de planètes en étoiles, d'étoiles en soleils, centres d'invisibles univers. Dans ses sublimes visions, Fourier a vu une échelle d'âmes de divers degrés, auxquels on s'élève successivement après la mort.
Fourier attribue le mal à une organisation sociale vicieuse; selon lui, Dieu, infiniment bon et puissant, n'a pu faire le mal. Le mal dans l'humanité provient d'un mau-
1. Diciiounaire des sciences philosophiques f article Fourier,