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FOURIîn.
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vais usage de nos penchants. Ces pcnclianls sont tou5 hons et utiles, mais il faut savoir les diriger, et surtout organiser des milieux qui s'harmonisent avec leur développement régulier. Quand l'homme aura atteint la période d'harmonie, le mal disparaîtra. L'existence du mal n'a pu Cire empêchée au commencement, parce que l'homme est doué de liberté. Si l'homme n'était pas libre, il serait dans la classe des animaux avec un instinct infaillible, à la vérité, mais sans progrès et sans perfection. Fourier pousse si loin la rigueur de ses conséquences, qu'il prévoit aussi dans l'avenir la transformation de la terre; le globe ayant été providentiellement préparé pour l'homme, celui-ci doit être doué de forces suffisantes pour écarter tout obstacle à sa dominalion par les progrés successifs dé la culture unitaire. Le régime harmonien amènera aussi la flimiuution et même la cessation des maladies. Et quant à la mort, la ferme croyance dans la métempsycose en aplanira les approches et atténuera peu à peu les terreurs de cet inconnu si redouté de nos jours^ Ainsi, le mal physique comme le mal moral est passager et doit s'évanouir. Alors les desseins de Dieu sur sa création sont dignes de sa puissauce et de sa bonté, et la auestiondumal ne peut remonter
jusqu'à lui.
Toute la doctrine de Fourier est en abrégé contenue dans ces lignes. Là est la clef de l'homme et du système. La question du mal Ta embarrassé comme bien d'autres; il l'a hardiment résolue. Il a rêvé le paradis sur la terre, et a placé ici-bas ce qu'en effet nous réaliserons un jour, mais
ailleurs.
Fourier admet que tous les penchants sont bons, parce
1. Ne resterail-il pas toujours pour ceux qui s'aiment le regret de se quiller, et c'est lu ce qui fait la cruaulé Uc la morU
qu'ils nous viennent de Dieu; il n'a pas remarqué qu'en supposant, comme il le fail, le dogme de la préexistence^ des penchants vicieux ont pu prendre racine dans l'individu par l'exercice de la liberté et à la suite de vies plus ou moins longues; qu'ainsi la réalité de penchants mauvais pourrait parfaitement s'accorder avec la bonté de Dieu, qui a voulu respecter le libre arbitre de l'homme.
Fourier part donc, en suivant son système, d'un principe inexact quand, attribuant nos penchants actuels à Dieu, il en conclut qu'ils sont bons; il n'a pas sufQsamment distingué ce qui est originel et divin de ce qui a été contracté dans cette suite d'existences antérieures, qu'il admet. Fourier est donc ici en évideuta contradiction avec son
système sur la vie future.
Remarquons un point tout à fait arbitraire de la cosmogonie de Fourier. L'homme, quels que soient sa grandeur et son génie, ne peut s'avancer dans l'échelle des êtres qu'avec l'humanité; il doit attendre le décès de la planète pour aller habiter d'autres terres et d'autres cieux.
Sa théorie de l'avenir terrestre par progression ascendante et par progression descendante est entièrement contraire à la loi du progrès.
Les phases de l'humanité sont ainsi réparties:
Première phase : Édeii. — Sauvagerie. — Patriarcat. —
Barbarie. — Civilisalion ^'^^^ ^"^'
Jjeujcièmc phase : Garantisme. — Associalion simple. — Association composée. Nous y entrons à peine, elle
doit durer ^0,000
Apogée. - llarinoi.ir ^^^^^
Troiiiéme phase : Dcelin. — Mercanliliâmc. — Monopole. 27 ,000
QualrUme phase : CaUucUc. — Féodalilô industrielle. . 4,000
Totaux 81,000 ans.
FOURIER
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Nous n'avons pas besoin d'indiquer combien de pareilles déterminations sont chimériques. Le blâme que nous énoncerons est plus sérieux et plus grave. Que devient, dans la doctrine deFourier, la loi du progrés indéfini? Peut-on admettre que les efforts de l'humanité n'aboutissent, en dernière analyse, qu'à revenir aux malheurs de l'enfance par les malheurs de la vieillesse? Ici, nous le proclamons hautement et avec la plus complète certitude, Fourier se laisse égarer par une fausse analogie. Il a étendu au règne de l'esprit immortel et incorruptible les lois du règne matériel où tout naît, vieillit et meurt. L'esprit a une enfance, mais il n'a point de vieillesse; tant que l'humanité dominera sur la terre, elle s'avancera toujours conquérante, toujours de plus en plus digne du Dieu qui la guide et vers lequel elle tend. Le globe de la terre pourra mourir, qu'importe? l'humanité ne mourra pas, et ses derniers jours d'habitation terrestre seront l'apogée de sa grandeur d'ici-bas, qu'elle développera perpétuellement et indéfiniment dans un avenir immortel.
En ce qui touche la vie individuelle, nous n'avons pas dissimulé notre répugnance pour un système de métempsycose terrestre nécessairement destructif du souvenir. Nous avons expliqué comment, dans notre système, le corps spirituel nous donnera la mémoire de toutes nos existences, de toutes nos transformations.
Fourier admet bien un corps aromal, mais il veut que la vie aromale et la vie terrestre soient alternatives; qu'après avoir obtenu une somme immense de félicité, nous retombions par une constante vicissitude dans les douleurs et les imperfections de l'existence mondaine. Il est non-seulement en opposition flagrante avec la loi du progrès, mais encore avec la tradition générale sur la
lésurrection de la chair, qui vient à la suite, des épreuves, et non pour les alternera Ces courtes observations suffiront pour démontrer la grande supériorité de notre système sur la cosmogonie fouriériste. Il y a un côté utile, toutefois,' dans la doctrine de Fourier. Il en résulte une solidarité de tous les instants entre les hommes : aucun ne peut plus penser uniquement à son bonheur individuel, car tous ont un égal intérêt au sort de l'humanité et à l'amélioration de son avenir, puisque en définitive chacun aura travaillé pour soi et jouira à son tour des progrès de la civilisation. Mais ce point de vue est trop borné. Dans notre système, chaque individu aussi est intéressé au progrès ; car en concourant au perfectionnement de l'humanité, il se perfectionne lui-même. Nous allons plus loin encore. La solidarité humaine n'est qu'une partie de la vérité. Tous tant que nous sommes, être doués d'intelligence et de raison, à quelque degré de l'échelle que nous soyons placés, quelle que soit la splendeur de notre séjour, membres de l'humanité terrestre ou de toute autre humanité, nous sommes unis par une chaîne immense, nous marchons tous à un but commun, vers le divin type qui nous attire, et le spectacle de la création proclame partout la solidarité universelle.
Nous avons réuni exprès Pierre Leroux et Charles Fourier dans le môme chapitre, parce que nous pouvons les
1, C'est encore une fausse analogie qui a trompé Fourier. Selon lui, la vie mondaine est le sommeil du corps aromal, la vie transmondaine est son révoil. Or, sur celte terre, U y a alternative de la veille et du sommeil. Cette alternative doit se retrouver aussi dans la vie aromale et dans la vie terrestre. Comment Fourier n'a-l-il pas vu que le sommeil est une loi purement matérielle, nécessaire à la réparation dos forces, et que l'analogie n'existait pas? Le corps aromal n'a pas besoin de repos, puisqu'il est impondérable, incorruptible et immortel.
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combattre tous deux par les mômes observations, tout en rendant hommage au principe palingénésique qui leur est commun.
Pourquoi Pierre Leroux n'a-t-il admis qu'une métempsycose terrestre? c'est qu'il se fait une fausse idée de la vie et qu'il la restreint contre toute logique à notre humanité. Pierre Leroux n'admet pas même le corps aromal terrestre, le périsprit astral qui nous permet de continuer nos vies extra-mondaines, avant que nous nous soyons réincarnés sur la terre ou ailleurs, et il nie l'existence, dans l'intervalle, d'une station d'attente et de repos intellectuel pour l'âme, qui, d'après lui , rentre tout uniment à la mort tlans une simple 'virtualité. Son idéal est dans la lettre d'Apollonius de Tyane (Consolation à Valérius)\ lettre toute panthéislique et dont une saine philosophie doit éncrgiquement répudier le sens.
Charles Fourier va plus loin; il concède et décrit le corps aromal et spirituel, mais seulement astral, c'est-à-dire puisé dans les éléments astraux de la planète que nous habitons. Aussi Fourier admet-il une vie extra-mondaine succédant à la vie mondaine et alternant avec elle; mais lui non plus ne s'élève pas plus haut que l'humanité terrestre, avant le décès de l'âme de la terre. Ils n'ont pas eu, ni l'un ni l'autre, la connaissance complète des révélations, ils n'ont été initiés qu'à demi; ils ont méconnu le Rouah^ c'est-à-dire la force plastique de l'âme, le corps virtuel, quintessentiel, formé du fluide divin ou universel, ce que l'hébreu appelle admirablement L'ESPRIT DES VIES, des existences successives de l'homme, des transmigrations et
1. Apollonius de Tyane , trad. par M, Chassang, p. 415, 1 vol.,. Paris. Didier et C\