JOUFFROY
OU bien rbomme, au sortir de la vie terrestre, trouvera, ilans celle qui succède immédiatement, la satisfaction paisible de tous les besoins de sa nature morale; ou bien il arrivera à ce bonbeur peu à peu, mais infailliblement, en passant par plusieurs vies successives. Voici comment il s'exprime sur notre avenir immortel ;
« Oelte autre vie sera-t-clle une ou multiple? Sera-t-elle une succession de vies dans lesquelles l'obstacle ira en diminuant, ou bien serons-nous plongeas, en sortant de cette vie, dans une vie sans obstacle? On peut choisir entre ces deux hypothèses. Mais arrivée à un certain point, l'âme ne peut déchoir!
« A chaque progrès, l'âme a une vue plus nette, plus distincte de Dieu; elle s'approche de la céleste attraction qui l'entraîne sûrement an bien, sans toutefois la nécessiter. Plus l'âme connaît Dieu, plus elle l'aime; elle s'élève toujours à lui par uu choix volontaire, par un libre mouvement, sans que la déchéance soit possible. Mais, dans cette ascension progressive, l'âme n'atteint jamais l'absolu, ses moments varient du moins au plus, le temps ne cesse pas pour elle; il y a entre le fini et l'infini assez de distance pour que les siècles des siècles ue puissent parvenir à la combler. »
Nous pourrions multiplier les autorités, elles sont innombrables. Disons seulement pour finir qu'il n*y a aucune parité à établir entre la persistance dans le bien, qui est la fin de la créature morale et libre, et la persistance dans le mal, qui est l'opposé de celte.méme fin. Ainsi de ce que l'on admet que d'autres épreuves sont accordées au coupable pour son redressement et sa punition, que sa liberté est toujours méritante et qu'il peut remonter dans Téchelle des êtres par son repentir et l'expiation saintement subie, ce n'est pas une raison pour affirmer que l'homme vertueux, parvenu à une vie heureuse, soit encore assujetti