‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 145 sur 181 · CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

CHATEAUBRIAND

« sagesse et sa miséricorde, c'est-à-dire avec la raison et « Famour considérés dans leur essence étemelle; il ne faut doDC « point se représenter l'autre vie pleine de supplices arbitraires, « et qui paraîtraient avoir- pour Lut moins l'expiation que la « vengeance, a

C'est le point de vue opposé, la notion de la fausse béatitude et d'un paradis de far niente éternel, qui blesse et contrarie Chateaubriand :

« Il y a donc des passions chez nos puissances célestes, dit M. de Chateaubriand; et ces passions ont cet avantage sur les passions des dieux dn paganisme, qu'elles n'entraînent jamais après elles une idée du désordre et du mal. C'est une chose miraculeuse, sans doute, qu'en peignant la colère ou la tristesse du ciel chrétien, on ne puisse détruire dans l'imagination du lecteur le sentiment de la tranquillité et de la joie, tant il y a de justice et de sainteté dans le dieu présenté par notre religion». »

« Il n'y a pas jusqu'au faible avantage de la différence des sexes et de la forme visible que nos divinités ne partagent avec celles de lu Grèce, puisque nous avons des saints et des vierges, et que les anges, dans l'Écriture, empruntent souvent la forme humaine*. »

« Chez les Grecs, le ciel finissait au sommet de l'Olympe, et leurs dieux ne s'élevaient pas plus haut que les vapeurs de la terre. Le merveilleux chrétien, d'accord avec la raison, les sciences et l'expansion de notre âme, s'enfonce, de monde ea monde, d'univers en univers, danr. des espaces où l'imagination effrayée frissonne et recule. En vain les télescopes fouillent tous les coins du ciel; en vain ils poursuivent la comète au delà de notre système, la comète enfin leur échappe; mais elle n'échappe pas à l'archange qui la roule à son pôle inconnu, et qui, au

I. Céntc du chrislianisme, édition de 1820, t. II, p. 17 4. - 2. Ibid,,

p. ne.

Page 1