‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 149 sur 181 · CALLET · texte numérisé non relu

CALLET

ferme sur nos tendresses, comme il se ferme sur nos corps, à cette différence près que la terre me rendra le corps, et ne me rendra pas les tendresses, je vous déclare que je les aimerai en égoïste, en matérialiste, rien de plus. Oui, il y a des familles là-haut, unies d'un lien indissoluble, aimant d'un plus solide amour que ne le connut jamais la terre. »

A la suite de ces pages, on nous permettra de citer un beau livre, VEnfer, par M. Callet :

« Ce n*est pas, quoi qu*on en dise, l'éternité qui épouvante; il est absolument impossible à l'homme de s'en faire une claire idée. Il n'y a qu'à reculer un peu devant lui les bornes du temps, pour que son imagination et sa raison s'y perdent, et qu'il tombe en proie aux mêmes transes que s'il voyait i éternité véritable. La somme de terreur dont uu homme est capable ne saurait dépasser la somme très-bornée de ses facultés intellectuelles et de sa sensibilité. Pourquoi aller plus loin? N'est-ce pas assez d'annoncer aux méchants des châtiments proportionnés à leurs fautes, et d'une durée inconnue ou même incalculable ici-bas? Ce que l'éternité renferme de plus est inintelligible. Au delà de ces limites la menace devient impuissante; l'àrae est rassasiée de justice, rassasiée de terreur, épuisée de souffrance; elle s'abat, elle tombe, elle s'anéantit, elle adore, elle demande grâce; elle est incapable de comprendre autre chose que la pitié; elle est sourde, elle est insensible à tout le reste. Le pardon est pour nous la fin de la justice, et si, sur ces derniers sommets où l'imagination peut atteindre, et où le péché se traîne eu gémissant, si, au lieu du pardon, vous nous montrez la haine encore flamboyante, c'en est fait; la frayeur est au comble; elle ne peut plus croître; mais la raison se trouble, toute idée de justice, toute idée de bonté s'évanouit; on est tombé croyant, on se relève athée; si cet enfer existe, on ne comprend plus rien en l'autre monde que les blasphèmes des damnés.

« Mais s'il existe, cet enfer, à quoi bon le purgatoire? Est-ce

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