‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 169 sur 181 · Exposé d*un nouveau sijsibme , p. 148 elsuiT., 18iC · texte numérisé non relu

Exposé d*un nouveau sijsibme , p. 148 elsuiT., 18iC

PROFESSION DE FOI

plane toujours îe motif primaire et supérieur rapporté plus hauf.

Voilà, d'une foule d'opuscules et de traités philosophique?, ce que nous avons cru devoir citer ; mais ceux qui voudront recourir à ces volumes, tous épuisés, et qui les rencontrant par hasard, prendront la peine de les lire, en retireront beaucoup d'arguments que nous avons négligés.

Quelqu'un me disait : « Vos intentions sont bonnes, mais (( vous n'auriez pas dû être si affirmatif dans la négation « de l'enfer absolu; avec de simples doutes si cet enfer « existe, vous n'auriez pas été hérétique. »

J'ai répondu résolument : « S'il existe, mon choix est « fait, je veux être avec le malheur et la souffrance pour « les partager et les consoler, car Dieu alors ne serait plus « notre père. »

Oui, telle est mon ardente et indomptable foi.

Donnons à notre tour le résumé de notre théorie. On a vu que nous divisions l'univers en trois cercles. Le cercle des mondes inférieurs, celui des mondes intermédiaires, celui des mondes supérieurs.

1. En voici la liste : — Exposé d'un nouveau système; — Destinée de i'Homrae; — Origine du mal; — Essai sur Origène ; — Dogme de la métempsycose ; — Cosmogonie de Fourier ; — Nalure et destination des astres; — Dieu, l'homme, rhumanilé et ses progrès (1847), traité divisé en cinq livres; — Esquisse de la philosophie de Ballanche; — Essai sur les Mystères; — Fragments philosophiques; — Plnlosophie delà Révélation; — Mathématiques de l'inQni; — Rêve d'Antonio (yeédit., 1839-1844, Seédil., 1851); — Essai sur le Druidisme ; — Nouveaux fragments philosophiques; — Principes supérieurs de la Morale (couronné par l'Institut, 2 vol. in- 8°, 1859); — Examen des Questions pendantes en philosophie religieuse; — Saint Jean-Baptiste; — Le Précurseur religieux ; ~ Biographie de Jobard.

Parmi les poëmes nous ne mentionnerons que Fatkîr ou les mystères du siècle, comme ayant trait aux questions soulevéesicl.

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Dans les mondes primitifs, ceux ^'inchoation, Tûme s'oesaie à la vie et à l'acquisition des facultés qu'elle développera plus tard dans les mondes d'épreuves.

Au premier cercle J'àme criminelle va expier ses méfaits dans les mondes les plus infimes et les plus ténébreux \ soumise aux épreuves les plus pénibles, aux expiations les plus dures.

L'ûme simplement coupable lave ses souillures et ses vices dans un monde ou le mal domine encore et où l'affranchissement de la chair et de la matière nécessite de laborieux efforts. C'est le cercle nommé, improprement peut-être (nous le verrons tout à l'heure), cercle des voyages par la théologie druidique, et que nous aimons mieux appeler monde des épreuves et des expiations.

Voilà l'Esprit guéri de ses vices et de- ses crimes, mais il peut rester imparfait et ne pas mériter de prime abord d'être l'ouvrier el le serviteur de Dieu. Il peut lui manquer l'intelligence de ce qu'il faut faire, et le courage indomptable nécessaire à ses fonctions de fils de Dieu. Donc, il peut et doit passer par des mondes intermédiaires, où il s'instruit dans la connaissance du Seigneur, et fortifie sa moralité. Ce sont les mondes de la préparation, d'où déjà on ne peut déchoir, et voilà pourquoi nous distinguons ce second cercle du premier où, tant que l'àme est soumise à des épreuves, elle peut tomber plus bas, tout en conservant les énergies acquises. C'est aussi en cela que nous sommes plus complets que les druides et Jean Reynaud.

Enfin, viennent les mondes supérieurs, dans lesquels il y

1, Miirae dans ceux que les druides nomment Vahime^ que le Zohar appelle les ténèbres d'Edom, et les chrétiens V enfer. Mais on peut toujours en sortir. Dieu y conduit l'àmc pécheresse et l'en retire quand

Texpialion eit terminée, disent les Psaumes.

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;i encore progrès incessant, hiérarchie selon les môritss entre les divers bienheureux ; mais là encore on n'est pas inoc- ^ cupt'i, l'activité croit au contraire à proportion de l'élévation; on y Yo^nge encore, soit dans le cercle de préparation pour y enseigner ses habitants, soit même dans les cercles de Vexpiation et des épreuves, pour y remplir, au service du Père céleste et sous sa protection, des missions d'amour et de dévouement. Voilà pourquoi nous avons rejeté la dénomination de cercle des voyages pour le premier, les voyages étant partout la loi de Tactivité des Esprits.

L'identité du moi se conserve toujours, quoique dans les mondes infimes et matériels (et on 'se rappelle que notre terre est dans celte catégorie); la nécessité de l'épreuve entraine la privation temporaire du souvenir, lequel ne se retrouve, et encore obscurément, que dans l'intervalle qui, après la mort, précède chaque réincarnation.

Dans les mondes lesmoins imparfaits àucercle des épreuves, il n'est pas impossible que la loi du Léthé soit abolie en partie, et qu'une mémoire, quoique plus ou moins effacée, des précédentes existences, soit accordée aux âmes.

Dans les mondes de préparation, au contraire, le souvenir des vies passées estle moyen leplus salutaire d'instruction et d'affermissement dans le bien.

Et dans les mondes heureux, ce souvenir se retrouve tou{ entier, par le corps spirituel de l'âme, corps entièrement éthéré, et qui a pénétré les enveloppes diverses habitées par cette même ûme.

^ L'identité persiste donc malgré les corps différents que l'àme a puisés dans chacun de ses séjours et a informés de sa force plastique, et malgré les noms divers des personnages tour à tour représentés, ainsi que l'exprimaient déjà symboliquement les Mystères.

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Les druides pensaient que le cercle de Ceugant n'appartenait qu'à Dieu; sans doute ils avaient raison en ce sens que Dieu est à jamais incommunicable dans toute sa plénitude aux hommes, mais il n'y a point de limite dans leur développement progressif et ils peuvent s'approcher dans tous les siècles des siècles, et de plijs en plus, du divin aimant. Ils peuvent croître à chaque minute en science, en amour, en beauté, et pénétrer toujours plus avant. Nous l'avons dit, ily a entre le fini que nous sommes et r infini qui est Dieu assez de distance pour que V éternité des éternités ne puisse parvenir d la combler. Ainsi, et dans ce sens, les mondes divins eux-mêmes nous sont accessibles.

Nous rectifions donc en plusieurs points les druides et môme Jean Reynaud. Il en est ainsi dans la nature. La terre est l'emblèmt; du ciel ; et de même que, chaque jour, aux yeux des bienheureux, est écarté un des voiles qui cachent la splendeur suprême, de mêmB la science philosophique fait à chaque instant ici-bas de plus en plus grandes conquêtes. D'autre penseurs iront plus loin que nous et nous rectifieront à leur tour.

Il nous reste un dernier point à expliquer :

L'âme peut, même au cercle des épreuves^ à force de mérites, de vertus, d'héroïsme, gravir à la fois tous les éche-% Ions et s'élever immédiatement au cercle suprême, sans pouvoir ensuite ni déchoir ni rétrograder.

Si elle a commis de grands crimes, au contraire, elle' ne peut tomber si bas qu'elle ne puisse so relever par l'expialion et le repentir.

C'est que le bien est la fin dernière de Pâme, et que le mal, contraire à sa destination, n'a été produit qiie par son libre arbitre, et peut se réparer avec lui.

Telles sont nos croyances intimes.

RÉPONSES AUX OBJECTIONS

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