THÉOLOGIE
y eût d'enfer chez les Druides. C'est ce que nous apprend Lucain dans cette apostrophe aux prêtres gaulois :
Vobis auctoribus, umbrœ
Non tacitas Erebi sedes Dilisque profundi Pallida régna petunt.
(Chant I.).
Si l'ûme avait fait le mal, elle retombait simplementà une condition inférieure d'existence plus ou moins basse, plus ou moins empêchée, plus ou moins douloureuse, suivant le degré de ses fautes. Il y a, en effet, assez de supplices à imaginer dans le cercle de la vie humaine et de la vie des autres mondes, pour dispenser d'un lieu à part de punition.
De ce que la terre était comprise dans le cercle des voyages, il s^ensuivail qu'elle était un monde inférieur, destiné à l'expiation et aux épreuves.
Il y avait donc quelque chose de pareil chez les Druides au dogme du péché originel; la vie de la terre y était considérée comme un passage à de plus hautes destinées, et remarguons que cette donnée était en apparence plus acceptable, moins choquante au premier abord, que l'enseignement chrétien. Dans le christianisme, nous sommes tous solidaires de la faute d'Adam; mais son péché ne nous est pas personnel ; nous sommes punis en quelque sorte pour un fait étranger. Dans le druidisme, au contraire, nul n'était * soumis aux épreuves terrestres sans l'avoir mérité, sans que cela fût une condition de notre avancement, et ne se liât au plan général de la création.
Il n'y avait pas lieu dans cette théologie de se poser la question du mal physique et du mal moral. Le mal avait un caractère négatif et transitoire; il ne s'appliquait qu'au
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