Uorizous du ciel, dou^!il^me soirée
faction; afin que le sacrifice, quel qu'il soit, fait à bonne intention, trouve sa récompense ^ I La providence de Dieu et l'immortalité de l'âme s'im- \ pliquent mutuellement, se confondent dans une même pensée, sont l'irréfutable preuve lune de l'autre. Elles rendent compte du besoin incessant de bonheur qui nous agite et nous anime; elles répondent à ces mouvements intimes, profonds qui portent vers la patrie inconnue les élans de nos désirs; car tout nous dit que ce monde que nous traversons n'est qu'une halte d'un jour, et nos cœurs pleins d'espérance volent au delà des horizons pour atteindre cette félicité durable que nous cherchons >ainement ici-bas.
La justice est un attribut de Dieu, et cette justice, donf nous ne voyons sur la terre que de pâles refiets, suffit . pour nous garantir la persistance après le trépas.
Un raisonnement tiré de la nature et de l'essence de l'âme, qui, par sa partie intellectuelle, est faite à l'image de Dieu, et reproduit sa ressemblance, fait le fond de la démonstration de Porphyre dans son Traité de l'âme, dont les fragments nous ont été conservés par Eusèbe. Citons un beau passage tiré du livre Xï, chapitre axviii de la Préparation évangélique. Voici les propres expressions du philosophe néoplatonicien.
« Il faut discuter longuement pour démontrer que « l'âme est immortelle et à l'abri de la destruction ^ « Mais il n'est pas besoin d'une savante discussion pour « établir que, de tout ce que nous possédons, l'âme est
] . Môme auteur, lieu cilé.
5. Porphyre fait ici allusion à l'argument des conlraires, qui a excilé dans l'anliquité une si vive et si longue controverse. (Voyez M, Cousin, Fragments de philosophie ancienne, p. 410.)
INTRODUCTJON.
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« ce qui a le plus d'analogie avec Dieu, non-seulement « à raison de l'activité constante et infatigable qu'elle « nous communique, mais encore à cause de l'intelli- « gence dont elle est douée. C'est cette remarque qui « a fait dire au physicien de Crotone (Pythagore) que « l'âme étant immortelle, l'inertie est contraire à sa na- « ture comme elle l'est à celle des corps divins (des « astres). Que l'on songe une bonne fois à l'essence de « notre âme, à l'intelligence qui préside en nous, qui « provoque souvent des réflexions et des désirs d'une « nature si relevée, et l'on sera persuadé de la ressem- € blafice qu'a notre âme avec Dieu. Si Ton fait voir « clairement que l'âme est de toutes choses celle qui a « le plus de ressemblance avec Dieu, qu'est-il besoin « d'avoir recours aux autres arguments pour démontrer « son immortalité? Ne suffit-il pas de mettre en avant « cette preuve, qui a une valeur toute particulière, poui « convaincre les gens de bonne foi que l'âme ne parti- « ciperait pas aux actes qui conviennent à la divinité, si « elle n'avait pas elle-même une nature divine ?<Contem « plez l'âme, en effet : elle est enfouie dans un corps « périssable, dissoluble, dépourvu par lui-même d'intel « ligence, qui n'est qu'un cadavre par lui-même, qui « sans cesse tend à se corrompre, à se diviser et à périr; « cependant elle le façonne, l'informe, et elle en tient les « parties liées ensemble. Elle fait preuve d'une essence « divine, quoiqu'elle soit gênée et entravée par cette « carapace mortelle; que serait-ce donc si, par la pensée, « on séparait cet or de la terre qui le couvre? L'âme ne « montrerait-elle pas alors clairement que son essence ne « ressemble qu'à celle de Dieu? Par ce fait que, même « dans son existence terrestre, elle participe à la nature
INTRODUCTION
« de la Divinité, qu'elle continue de l'imiter par ses actes, « qu'elle n'est pas dissoute par l'enveloppe mortelle dans « laquelle elle se trouve emprisonnée, ne fait-elle pas 4 voir qu'elle est à l'abri de la destruction?
€ L'âme paraît divine par la ressemblance qu'elle a « avec l'être qui est indivisible, et mortelle par ses points « de contact avec la nature périssable. Selon qu'elle < descend ou qu'elle remonte, elle a l'air d'être mortelle « ou immortelle. D'un côté, il y a l'homme qui n'a « d'autre occupation que la bonne chère, comme les « brutes. D'un autre côté, il y a l'homme qui, par son « talent, sauve le navire dans la tempête, ou rend la « santé à ses semblables, ou pénètre la vérité, ou dé- « couvre la méthode qui convient à chaque science, ou € invente des signaux de feu, ou tire des horoscopes, « ou, par des machines, imite les œuvres du Créateur. « L'homme n'a-t-il pas en effet imaginé de représenter € ici-bas le cours des sept planètes en imitant, par des « mouvements mécaniques; les phénomènes célestes ^ ? € Que n'a pas inventé l'homme en manifestant l'intelli- « gence divine qu'il renferme en lui-même? Certes, « celle-ci proiive bien par ses conceptions hardies qu'elle « est véritablement olympienne, divine, et tout à fait € étrangère à la condition mortelle; cependant, par suite « de son attachement pour les choses terrestres, attache- « ment qui le rend incapable de reconnaître cette intel- « ligence, le vulgaire, prononçant d'après les apparences « extérieures, s'est persuadé qu'elle est mortelle. Les € gens de cette espèce n'ont, en effet, qu'un moyen de « se consoler de leur abrutissement, c'est de se fonder