‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 5 sur 181 · I^TR0DUCTI · texte numérisé non relu

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(le le remarquer, punir, bien punir, c'est-à-dire faire souffrir, non par colère et ressentiment, mais par raison et par amour, dans le but de ramener au bien et non de tourmenter, est un acte de haute pieté, une vertu vraiment divine. Au contraire, l'impunité à tout jamais, le délaissement du coupable dans sa funeste impénitence, l'absence de tout soin pour le tirer du mal, seraient une marque d'abandon et de monstrueuse indifférence; ce serait le perdre dans le néant, au lieu de lui ouvrir par l'expiation un avenir de bien et de bonheur.

La vie humaine est une épreuve. Quand cette épreuve n'a pas été satisfaisante, quelle conséquence doit-elle avoir? Voilà une créature qui avait son œuvre à faire; par sa faute elle ne l'a pas ou l'a mal faite; lequel vaut le mieux, dans l'ordre des choses, pour la beauté de cette vie et la perfection de la puissance qui préside à l'univei's, que cette créature dégradée s'éteigne sans rémission, et s'évanouisse au sein de l'Être toute souillée de ses péchés, ou que, gardant le sentiment, et persistant dans sa personne, elle ait, après cette vie, une vie nouvelle destinée à la réparation et à l'expiation ? Lequel vaut le mieux raisonnablement, de ne la soumettre qu'à une épreuve qui peut bien être mal prise, comme dans le cas que nous examinons, ou de lui en ménager plusieurs>armi lesquelles une, enfin acceptée comme elle doit l'être, sauvera une âme qui, sans cela, était perdue sans retour? Serait-ce donc au moment où, après des jours pleins de fautes, elle aurait si grand besoin de retrouver du temps devant elle pour revenir ou en avoir la chance, que la chance lui manquerait et que l'éternité ne lui serait de rien? Où serait pour Dieu la gloire, où serait la sagesse à frapper de néant, après quelques an-

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nées, un être qu'il n'a sans doute pas fait pour finir en mécliant? Ce serait désespérer de son ouvrage, et il ne doit pas désespérer. Désespérer est faiblesse, et Dieu est souverainement fort. II ne renonce jamais au mieux, car il a la toute-puissance. Or, ici le mieux est certainement qu'il mette à même de se relever l'homme qui est mort en elat de vice, et, par conséquent, qu'il l'appelle à des rapports qui, succédant à ceux qu'il a eus ici-bas, lui permettent de commencerun nouvel exercice de moralité. Ces raisons sont plus que suffisantes pour faire admettre l'immortalité en son sens véritable. Nous aurions pu, à notre tour, faire des phrases sur cette question • nous avons préféré nous servir du lumineux écrit de M. Damiron, et lui emprunter ce^ pages bien senties, simples à la fois et vraies. Remarquez que l'argument le plus torten faveur de l'immortalité, est tiréde la nécessité de nouvelles épreuves pour le redressement de l'homme. Je ne sais au juste quelle cause a produit cette foule de matérialistes dans toutes les classes de la société interrogez-les secrètement, ils ne peuvent pas concevoir que la personne survive à la dissolution du corps.

« Voyez, nous disent-ils, les plantes et les animaux « 1 s naissent d'un germe mystérieux; s'accroissent, puis

* dépérissent, et, quand vient le terme marqué par la « nature, ils disparaissent pour faire place à d'autres « Les générations nouvelles poussent au trépas les vieilles «générations; pourquoi en serait-il différemment de « homme? La mort est la seule souveraine d'ici-bas ■ « 1^ enfers, les élysées de toutes les religions sont des

* î=h.meres auxquelles ne croient pas ceux qui les ont « inventées. »

Le mal est plus profond et plus incurable qu'on ne

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le croit; nous avons trouvé de ces âmes sceptiques à toutes les hauteurs comme à tous les bas-fonds de la société Pauvres âmes! bien à plaindre en effet; elles sont altérées de la vérité et ne rencontrent que le doute; nos beaux raisonnements sont sans effet sur elles.

Pour nous, heureusement, nous n'avons pas l'ombre d'un doute. Nous serons, parce que nous sommes. Que sommes-nous? des personnes; nous serons donc perpé- (uellemenfdes personnes. Nous nous sentons pourvus (lune certaine part de causalité, de substantialité; nous garderons, en la développant, cette causalité et cetle substantialité. Dieu était souverainement libre de nous créer ou de ne pas nous créer; une fois qu'il a décidé, dans les conseils de sa suprême sagesse, de nous appeler à l'exis- (eiice, il ne saurait nous anéantir, car ce serait montier de I inconstance, pour nous servir d'une belle expression de Malebranche, et Dieu est immuable. S'il nous a donné la vie, c est qu'il l'a voulu, et .sa volonté est toute parfaite et toute sainte. Irait-il se repentir de ses œuvres et nous retirer l'être qu'il nous a accordé? Le croire serait concevoir Dieu à notre image, ce serait faire un grossier anthropomorphisme. L'homme est immortel parce qu'il est; la matière même ne périt pas; elle se dissout pour lorraer de nouveaux composés. La personne survit tout entière parce qu'elle est simple et une. Cet argument que nous préférons aux autres, nous le nommerons preuve onioIogi(|ue. Descartes a dit : Je pense, donc je suis; nous dirons : Je suis, donc je suis immortel.

Divers auteurs ont rapporté des preuves de l'immorla- Iité de l'âme qui, pour n'avoir pas la même valeur pliilosophi(|ue que les précédentes, ne sont pas tout à fait :• dédaigner.

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M. Eugène Pellelan, dans ses Heure» de travail raisonne ainsi : '

^ << L'homme est un être religieux ; je dis plus, il est religieux par essence. Lanimal vit et meurt, mais il ne sait pas qu'il vit ni qu'il doit mourir. L'homme sait au contrane, qu'il porte une existence et qu'il doit la déposer à la fin de sa journée. N'aurait-il que la notion de la mort, que cette notion lui constituerait une grandeur à part dans la création. Car pourquoi serait-il dans la conlidence de sa propre tin, si le tombeau était le dernier mot de sa destinée ? Dieu ne lui en aurait donné la connaissance que pour en faire une longue mort par anticipation. Le plus beau don de sa magnificence serait alors un bourreau intime, destiné à nous relire sans cesse notre arrêt jusqu'au jour de l'exécution, pour nous en verser lentement, goutte à goutte , toute l'horreur II nous aurait accordé davantage, et, par je ne sais quelle .ron,e, ,1 nous punirait davantage à l'aide même de son bienfait. L esprit, à ce compte, reflet vivant de sa divinité serait uniquement un raffinement de supplice. Cela « es pas, ou plutôt cela n'est qu'un blasphème. Dieu a mis la mort devant nous comme une vigie sévère, pour nous rappeler clmque jour à notre destmée. Si l'homme n avait la prescience de la mort, il glisserait sur le temps et fuirait dispersé à chaque souffle du hasard sans travailler un instant à faire provision d'éternité. Mais la

^eitu de sa nature, consentir à mourir. Il soime a ors 'lue sa vie est quelque chose de plus que la Zh qt lue chose au delà. Il fait etfort pour ichbpperi la dl persion et rentrer dans la vérité de sa destinée

INTRODUCTION

« Donc, de ce que l'homme, seul de tous les êtres terrestres, a l'idée de la mort, sait qu'il doit mourir, il est immortel.

« Un juste va mourir, il est le plus humble peut-être de sa vallée, il a toujours vécu parmi les petits, il ne possède d'autres richesses qu'une journée de sa charrue. L<, vent n a jamais porté son nom plus loin que le son de a cloche de son village, mais il a modestement pratiqué à 1 écart la loi du devoir. Il a fait le bien en silence, sans même dire à la main gauche l'œuvre de la main droite • mais rien de ce qu'il faisait n'était perdu ; la moindre dé ses pensées, au contraire, était recueillie par les anges du Seigneur. Maintenant, couché sur .son lit d'ii^ronie^il -attend l'explication dernière, et, à ce moment suprême nieu incliné du fond de l'infini sur la face du mourant, avec tous ses soleils et tous ses siècles rangés autour de lui dans un formidable respect, reçoit cet esprit désormais divin, et le pose devant lui comme un monde nouveau, vêtu de plus d'éclat dans sa vertu que

I étoile de l'espace et le lis de la vallée. » {//eurcs de iraiml.)

« Et aussitôt ce corps, tombé dans la mort, devient quelque chose de sacré, comme si le doigt de Dieu l'avait touché. On dirait l'autel désormais éteint du sacrifice «lont la flamme est remontée au céleste parvis. Pourquoi ce respect pour le moule brisé de l'homme, si l'homme ne devai t être au dénoûmen t de la vie qu'un peu de fumier"? Ce respect est involontaire, impérieux, de tous les temps de toutes les nations. Il fait partie de l'âme humaine, il est né avec elle comme un élément constitutif de son essence. S'il est une erreur, l'ûme est une erreur aussi. Il faut donc choisir ; ou le néant ou l'homme est un

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mensonge. La question ainsi posée est résolue : l'immortalité est prouvée*. »

Celte dernière argumentation, tirée du respect que J ame humame a pour les morts, a été développée par 31. Guizot, dans les Méditations morales \ et par M Ronzier-JoIy*.

Nous acceptons toutes ces preuves. Quand une proposition est vraie, tout s'accorde à l'établir, et il n'est pas un fait qui, bien interprété, ne puisse lui venir en aide et la mettre en plus vive lumière.

Quelle est la fin de l'homme, si ce n'est la perfeclibilite? Eh bien, la perfectibilité est fille du labeur. Le progrès atteint est le prix du combat. Sans ce*se l'homme désire, et il désire le bonheur. Se fixera-t-il dans sa marche progressive et continue à un point de l'espace ? Non car au delà il y a le mieux, et c'est le mieux vers lequel Il porte ses regards. Il y tend de toutes ses facultés, de toutes les énergies de son àme, de toutes les aspirations de son cœur, et il va vers Dieu, le souverain bien, le bien par excellence, et aussi la félicité suprême!

Une croyance en l'autre vie ; une croyance pour toutes es infortunes, pour tous les cœurs aimants, pour toutes es vertus, pour tous les dévouements ignorés, pour eûtes les affections incomprises ou malheureuses, pour tous les espoirs déçus; une croyance en l'autre vie, afin que toutes les conditions de bonheur et d'amour puissent se réaliser, afin que tout mérite ait sa rémunération tout labeur son salaire; afin que les aspirations de ceux qui aiment, pleurent, prient, ne restent pas sans satis-

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