JEAN-BAPTISTE
le désert*, vêtu, comme l'ancien Elie', d'un vêlement uc poil, et ceint grossièrement d'une ceinture de cuir, n'ayant pour toute nourriture que le miel des bois et quelques sauterelles qu'il ramassait^ Jésus-Christ proclame lui-même à toute la foule du peuple : (( Que Jean-Baptiste est Élie, « qui devait venir*;» Et quand ses disciples, l'interrogeant un jour en particulier, lui disaient : <( D'où vient que les u scribes et les pharisiens assurent qu'il faut qu'Élie vienne « d'abord? » le divin Maître leur répondit : (( Il est vrai « qu'Élie doit venir, et qu'il rétablira toutes choses. Mais « je vous délare qu'Elie est déjà venu, et ils ne l'ont point « connu; mais ils lui ont fait tout ce qu'il leur a plu. » El ses disciples comprirent, dit l'Evangéliste, que c'était de Jean qu'il leur parlait^
Jean-Baptiste, dans la croyance des Juifs, pouvait donc Lien être Elie lui-même en personne. Et il n'importe qu'il ait répondu aux docteurs de la loi, qui lui demandaient s'il n'était point Elie, qu'il ne l'était pas^; car il ne pouvait en avoir par lui-même la connaissance. Il eût fallu que Dieu la lui eût donnée par une révélation expresse. Mais de même qu'il cachait la virginité de Marie, cette mère bénie de son fils, y a-t-il lieu d'être surpris qu'il eût caché aussi cet autre mystère, qui n'aurait fait qu'exciter davantage la
1. Puer autem crescebat et confortabalur spiritu : et erat in deserlis usque in diem oslcnsionis suœ ad Israël. S. Luc, c. I, v. 80.
tî. Vir pilosus, et zona pellicea accinclus renibus. Liv. IV« des Rois, c. J, V. 8.
3. Ipse autem Joannes babebat vestimentum de pilis camelorum et fonam pelliceam circa lumbos suos : esca aulem ejus erat locustae et me! silvestre. S. Matlh., c. III, v. 4.
4. Cœpit Jésus dicere ad turbas de Joanne... Et si vultis redpcre, Ipse est Elias qui venlurusest. S. Mallh., c. XI, v. 7-14.