‹ La pluralité des existences de l'âme [microform], conforme à la doctrine de la pluralité des mondes;Chapitre 82 sur 181 · ÉLÉMENTS DE L'HOMME · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS DE L'HOMME

CoTîsidéré en lui-même, c'est-à-dire sous le poiut de vue de l'ùme, et comparé à Dieu avant qu'il soit deveuu visible dans le monde, l'être humain, par son unité, par sou identité substantielle et sa triple nature, nous rappelle entièrement la Trinité suprême. En effet, il se compose des éléments suivants : 1*^ d'un esprit (Rouab), qui représente le degré le plus élevé de son existence ; 2" d'une àme (Nicbema) qui est le siège du bien et du mal, du boti et du mauvais désir, en un mot, de tous les atlrij)uts moraux; 3« d'un esprit plus grossier (Nepbesch), immédiatement en rapport avec le corps, et cause directe de ce qu'on appelle dans le texte les mouvements inférieurs, c'est-à-dire les actions et les instincts de la vie animale.

Pour faire comprendre comment, malgré la distance qui les sépare, ces trois principes , ou plutôt ces degrés de rexistcnce humaine se confondent néanmoins dans un seul être, on a recours à une comparaison usitée au sujet des attributs divins, et dont le germe est dans le livre de la

création.

Les passages qui témoignent de l'existence de ces trois éléments sont très-nombreux; mais, à cause de sa clarté, nous choisissons de préférence celui qu'on va lire :

« Dans ces trois choses : l'esprit, l'âme et la vie des sens, nous

a trouverons une fidèle image de ce qui se passe en haut; car

« elles ne forment toutes trois qu'un seul être où tout est lié par

(( l'unité (Nephesch). La vie des sens ne possède par elle-même

« aucune lumière ; c'est pour cette raison qu'elle est si étroite-

« ment liée avec le corps auquel elle procure les jouissances et

« les aliments dont il a besoin. On peut lui appliquer ces paroles

« du sage : elle distribue la nourriture à sa maison, et marque la

« tâche de ses servantes. La maison, c'est le corps qui est nourri,

« et les servantes sont les membres qui obéissent. Au-dessus de

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« la vie des sens s'élève l'âme (Nichema), qui la domine, lui « impose des lois et l'éclairé autant que sa nature l'exige. C'est « ainsi que le principe animal est le siège de l'âme. Mais ce qui « l'unit en définitive à toutes les humanités, le principe qui peut « la faire éclater dans tous les séjours, c'est le Rouah, l'esprit « des vies, de toutes les existences, de toutes les pérégrinations « auxquelles l'âme est assujettie, avant démonter vers Celui d'où « l'on ne redescend que volontairement, et que pour des missions « acceptées et briguées ; voilà les hautes maximes de cet eusei- « gnement tout spirituel *. »

Saint Jean l'Évangéliste, s'il est vrai qu'il soit l'auteur de TApocalypse, était évidemment initiéaux dogmes de la kabbale, comme le prouvent surabondamment et les vingt-deux chapitres, et tous les symboles de ce livre, unique dans son genre, et jusqu'à son titre ànoy.oà.^iç qui veut dire revoilc)\ recouvrir d'un voile, transparent pour les initiés, impénétrable pour les profanes; c'était la Bible des initiations chrétiennes, de l'école d'Éphôse et même du gnoslicisme, dont le sens n'était révélé qu'aux âmes spirituelles et déjà pubères.

Le Christ, pas plus que Moïse, n'ont ignoré la partie voilée des révélations, puisque le Christ dit même à ses disciples qu'il ne peut tout leur dire exotériquement et vulgairement, et qu'il annonce l'avènement de l'esprit pour l'humanité tout entière. Cependant il en dit plus, et à part, dans

1. L'école njoderne des esprits, que nous examinerons à un point de vue tout i.liilosopliique, a appelé \si?iepliesch, l'esprit terrestre, du nom de périspril. Le Rouah pourrait Cire dans, la même doctrine, qualifia depérisprit virtuel, constamment attaché à l'ame. La Nicliemn, l'âme de Moïse et du Zohar, est ce que les mêmes nomment indifféremment ûme ou esprit. Mais le nom ne fait rien, pourvu que l'on soit d'accord sur les principes.

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quelques assemblées secrètes de ses apôtres, dont témoigne Marc et dont nous parle Trénée d'après Papias et saint Jean lui-même, lequel a eu un pied dans l'avenir, et que le Maitrc affectionnait tout particulièrement.

Voici les réflexions inspirées à M. Adolphe Bcrlhct (Apocalypse) par ce sujet intéressant; c'est par elles que nous terminerons cet important chapitre:

(( Que Jésus ait eu une double doctrine, dit-il, c'est-à-dire une doctrine toute morale qui a pour but la régénération sociale des masses, et une doctrine secrète qui était réservée aux seuls initiés, et n'a été communiquée qu'aux apôtres choisis par lui, c'est là ce qui ressort à l'évidence des Évangiles ^ »

C'est pourquoi Jésus disait aux apôtres qu'il était réservé à eux seuls de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais que, pour les autres, il fallait se borner à les présenter à leur foi en paraboles, afin que s'accomplit la prophétie d'Isaïe : « Vous écouterez de vos oreilles, et vous n'entendrez point ^. ))

La connaissance de ces mystères constitue, dans renseignement religieux, les parties de la science que l'on désigne sous les noms de théogonie, de théurgie et de thaumaturgie. La première embrasse tout le système du monde divin; la seconde est l'art d'ouvrir et d'entretenir un commerce, un échange de pensées entre l'initié et le monde des esprits, les anges de Dieu ou les archanges, les Eloïm de Moïse; la troisième a pour objet de s'emparer de la force occulte pour faire des prodiges ou des choses surhumaines. Que, dans

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Tancien culte de Moïse, on ait pratiqué avec soin ces deux dernières parties de la science religieuse, c'est un point dont l'histoire juive, et de nombreux textes des livres sacrés ne permettent pas de douter un seul instante

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