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PLURALITÉ DES EPREUVES. • 157
« pas comment ils sont jugés dans tous les temps, et avant « devenirdans ce monde, etlorsqu'ilsl'ontquitté; ils igno- « rent combien de transformations et d'épreuves myslé- « rieuses ils sont obligés de traverser; combien d'âmes et « d'esprits viennent en ce monde, qui ne retourneront pas « dans le palais du Roi céleste ; comment, en un mot, « ils subissent des révolutions semblables à celles d'une t pierre qu'on lance avec la fronde. Le temps est enfin « venu de dévoiler tous ces mystères. » La transmigration des âmes, si nous en croyons saint Jérôme, a été longtemps enseignée comme une vérité ésotérique et traditionnelle, qui ne devait être confiée qu'à un petit nombre d'élus : Abscondite quasi in focis viperarum versari, et qmsi hœreditario malo serpere in paucis. Origône la con- ^^ sidère comme le seul moyen d'expliquer certains récits
bibliques, tels que la lutte de Jacob et d'Ésau avant leur naissance, tels que l'élection de Jérémie quand il était encore dans le sein de sa mère, et une foule d'autres faits qui accuseraient le ciel d'iniquité, s'ils n'étaient justifiés par les actions bonnes ou mauvaises d'une vie antérieure à celle-ci. De plus, pour ne laisser aucun doute sur l'origine et le vrai caractère de cette croyance, le prêtre d'Alexandrie a soin de nous dire qu'il ne s'agit pas ici de la métempsycose de Platon , mais d'une théorie toute différente et bien autrement élevée.
On comprend de reste que si nous avons trouvé dans Moïse des expressions magnifiques distinguant (le corps grossier mis de côté) trois éléments de la vie de l'homme, à savoir : son âme (Nichema), l'esprit terrestre (Nephesch), et l'esprit des vies, dans leur ensemble et dans l'éternité (Rouah); nous retrouvons, et avec les mêmes désignations, ces trois principes dans le Zohar.