‹ La plus ancienne gravure connue avec une dateChapitre 4 sur 4 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

( Extrait ilii tome XIX des Mémoires de l'académie royale des sciences de Bruxelles.)

POST-SCRIPTIIM.

M. le comte Léon de Laborde s'exprime ainsi, dans une de ses nombreuses et intéressantes publications sur l'art ' : a La troisième épreuve M (du saint Christophe ^) dont parle M. Duchesne est sans doute celle » que Murr prétend avoir vue à Vienne, chez M, de Birkenstock {3Ie- )) morabilia non der Stadt Niïrnberg) ; mais comme depuis ce temps )) personne n'en a eu connaissance, il est fort probable que c'est une « erreur, et qu'il ne s'est réellement conservé que la seule épreuve de )) lord Spencer. »

Nous avons adopté sans hésiter cette opinion , et l'hésitation n'était guère permise avec un littérateur d'un savoir si varié, d'un jugement si sur, avec un voyageur qui a tout vu , tout compulsé. Cependant les plus habiles se trompent, l'étude des arts embrasse tant de détails, tant ^inp,niinent 'petits^ que la vue la plus pénétrante ne peut pas toujours les discerner. La vérité est que le saint Christophe de M. de Birkenstock existe, malgré les doutes énoncés sur sa réalité: pour s'en

' La plus ancienne gravure du cabinet des estampes de la bibliothèque royale est-elle anciaine? Article extrait de \ Artiste, p. 1, note.

^ En parlant des copies en tout ou en partie de ce monument célèbre, j'ai omis d'ajouter que l'inscription se trouve dans W. Savage, Practîcal hinls on décorative printing. London, 1822, in-i", p. 4.

assurer, il suffit d'une promenade à Fi'ancfort et d'y faire une visite à M. le baron de Blittersdorff, ministre de Bade près la Confédération germanique et le roi des Belges. C'est ce diplomate, d'un esprit si cultivé, d'une obligeance si aimable, qui nous a mis à même de rectifier l'erreur où Ton était tombé à l'égard du second exemplah'e du saint Christophe, celui de la bibliothèque royale de Paris restant hors de cause.

La belle-mère de M. de Blittersdorff est fille unique, et par conséquent héritière universelle de M. de Birkenstock. Lors du décès de cet amateur distingué, qui avait réuni des collections considérables et précieuses en tous genres, sa fille en fit faire un choix pour son propre usage et vendre ensuite le reste. Ce cabinet d'estampes, ainsi épuré, se trouve encore maintenant en sa possession, et, pour donner une idée de son prix, nous dirons que deux des quarante-quatre portefeuilles dont il se compose, contenant la série presque complète des gravures de Marc Antoine, les meilleures épreuves, valent à eux seuls plus de 40,000 francs. Le catalogue de cette exquise collection a été rédigé par le conservateur du cabinet d'estampes du prince Albert de Saxe-Teschen, feu M, Rousseau, un des premiers connaisseurs en fait d'iconographie. De plus, il est bon de remarquer que M. de Birkenstock était intimement lié avec M. A. Bartsch, de sorte que sa collection a été formée sous les yeux et avec le concours des maîtres de la science iconologique.

Le saint Christophe dont a parlé De JMurr {Memorabilia von der Stadt Nûrnhercj, p. 698), et dont il est loin de révoquer en doute l'authenticité, se trouve dans l'un des portefeuilles. Cette gravure est désignée, au catalogue, sous la rubrique : Gravures en bois, par d'anciens maîtres anonymes , de la manière suivante :

(c Saint Christophe portant l'enfant Jésus au passage d'une rivière, » et se dirigeant vers le devant de la droite.

1) Pièce originale, in-folio, du commencement de la gravure, de )) 1423. Il en existe une copie fort trompeuse, mais d'une moderne )) impression. )>

Ainsi s'exprimait M. Rousseau. Il suffit d'avoir vu cette pièce inappréciable pour prononcer sur sa réalité. Si on la compare avec le fac-similé publié par M. Falkenslein, et que nous avons cité, on s'assurera qu'ils sont absolument identiques , à l'exception que la main de l'artiste est bien plus reconnaissable dans l'épreuve de M. de Brikenstock que dans la copie, qui n'a ni la même expression ni la même finesse.

Voilà donc jusqu'à présent deux exemplaires du saint Christophe dont l'existence est constatée. La Vierge de 1418 est encore unique. C'est un avantage de plus^ indépendamment de la date. UAlhenœum de Londres, du 4 octobre 1845, n°936, p. 965, a offert à ses lecteurs un fac-similé de cette gravure primitive, exécuté par M. Folkard, et l'administration du Serajjeum,de Leipzig, a demandé l'autorisation défaire faire un nouveau tirage de la copie de M. Severeyns, pour le joindre à une traduction allemande de notre mémoire, confiée à M. A, Scheler. Cet empressement des juges compétents à répandre notre découverte ', nous a imposé d'une manière plus rigoureuse la loi de ne laisser dans notre travail aucune assertion dont l'erreur nous serait démontrée. C'est d'ailleurs un parti que nous avons pris depuis longtemps , de nous corriger nous-méme et de ne point invoquer pour nos fautes, le bénéfice du temps. La prescription est sans valeur pour la science "-.

' Voy. Argumenis des Allemands en faveur de leur- prétention à l'invention de l'imprimerie, par A. De Vries, traduit du hollandais par J.-J.-F. Noordziek. La Haye, 1843, in-S", p. xis, note.

2 La troisième partie du catalogue des estampes de feu M. Delbecq , consacrée en partie à l'école flamande, a paru; l'on y cherche vainement les estampes antérieures à la nôtre, dont voulait nous foudroyer un correspondant de Y Émancipation.

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