SCÈNE IX
i&RANDIN, BLONDEAU, VALBERT , la Société.
Pauvre petite femme!
BliONDEAU.
C'est ce Grandit! qui est cause de ça. Mon épouse est d'une complexion si nerveuse. . .
VALBERT
Cette jeune dame est votre épouse?
BLONDEAU
Oui, Monsieur, madame Blondeaa depuis ce matin.
VALBERT
C'était une noce. . . je l'aurais parié. . . Rien qu'en yous Voyant , je me suis dit tout de suite. . .
AIR : Faisons la paix.
C'est le mari ! {Bis.)
Ce bouquet, signe de conquête , Ces gants blancs, cet air réjoui , Surtout cette ilgure. . . honnête. . .
C'est le raari ! ( ^Jois.)
BLONDEAU
Oui , Monsieur, je snis le mari. Et sans vous offenser , puis-je savoir qui nous procure l'honneur?. . .
VALBERT
C*est ma foi vrai! je n'y pensais plus.*. Mais je vais vous expliquer le plus brièvement possible... Vous s;iurez d'abord que je suis sous-lieutenant au 5" réf>iment de hussards, . . un très-beau corps. . . nous sommes au complet. Nous arrivons de Nantes , et je suis entré dans la ville, il y a une demi-heure , avec l'.ivant-giirde. . . Elle est peutêtre sujette à ce genre d'incîispositiou?. • .
BLOMDEAU,
L'avant-garde!
VALBERT
Non , madame Blondeaa. ^
BLONDEAU
Ob! sujette, si on vent. C'est la seconde fois qae cela lui arrive aujourd'hui.
VALBERT
C'est singulier. Figurez-vous que nous trouvons la ville déserte... pas une âme pour nous enseigner la maison commune... Je ne savais que devenir... Heureusement j'aperçois de la lumière à vos croisées. . , Je frappe... On m'ouvre... et je ne trouve en bas qu'un homme, ou une marmotte , je ne sais pas au juste. Enfin il m'est impossible de l'ëveiller. Ne pouvant rien en tirer, je me décide... Je monte dans l'obscurité , et j'entre ici, où j'ai eu le plaisir de faire votre connaissance.
BLONDKAtJ.
Certainement» mon capitaine. . .
VALBBRT.
Je suis sous-lieatenant.
Sous-lieutenant !. . . N'importe! vous seriez général , je ne TOUS eu estimerais pas moins.
VALBERT
Elle est sans doute jolie, madame Blondeau? ça ne se demande pas.
BLONDEATJ.
Oh! Monsieur, sans amour-propre, elle est fort bien.
GRANPIN, à Valbert. '
Si Monsieur cherche la Mairie, nous pouvons l'y conduire.
VALBERT
Ma foi, vous m'obligerez.
GRAîïDiN, à la société.
Dites donc. Messieurs, puisqu'on né nous a pas donné à souper, je suis d'avis d'aller achever la nuit au Lion dCOr. Demain, à six heures , nous reviendrons saluer le réveil de la mariée. ( A pari. ) Je veux me venger de ce filoadeaui