SCENE XVI
AUGUSTINE , puis VALBERT.
( On entend toujours le rappel ^ nini.i plus éloigne'. )
AUGUSTINE
Quelle scène il m'a faite. .. J'ai été sur le point de me trahir. . . . C'est une loçoi» pour la suite. . . Dorénavant je montrerai plus d'assurance et de présence d'esprit; et j'en aurai besoin, si jamais Valbert a l'audace de se présenter.
( EUe va regarder à la fenêtre. )
V.VLBERT , entrant ; il est en longue redingotte de basin blanc , et des pistolets à la main.
Font-ils un vacarme , dans cette ville de Parthenay. On bat le rappel, on crie aux armes; dans le premier mouvement j'ai sauté sur mes pistolets. . . et ma foi , je viens ëla-
bllr mon quartier - gênerai Oh! qne vois - je ? «ne
femme* !
AUGUSTINE, se retournant.
Grands dieux! c'est lai. . . Je me meurs!
VALBJÎRT.
Je ne me trompe pas ! Quoi ! c'est vous qne je retrouve. . . Quelle rencontre ! quel événement dramatique... ( Il pose ses pistolets sur le buffet. ) AUGUSTINE.
Eloignez - vous , Monsieur... De grâce, quittez cette maison sur-le-champ.
VALBERT
Quel langage.. . Mais j'y songe. . . cette noce ! ce mariage. . . Est-ce que par hasard ce cher BJondeau serait...
AUGUSTINE
Oui , Monsieur , je suis sa femme-
VALBERT
Y pensez-vous , Madame j c'est moi , qui devais être votre époux. .. Plut an ciel que celte union fût accomplie, car en vous revoyant si jolie, jo sens renaître anprès de vous un sentiment , dont l'absence n'a pu triompher dans n>on âme!
AUGCSTINE.
De grâce, cesse;; de pareils discours. . . J'ai juré de faire le bonheur de mon époux. . . et je tiendrai mon sermei^t, Monsieur^ qnoiqu'il m'en coûte.
VALBERT
Monsieur , toujours Monsieur.