‹ La plus belle nuit de la vie; comédie-vaudeville en un acteChapitre 18 sur 28 · LES MÊMES, DURAND · texte numérisé non relu

LES MÊMES, DURAND

( // accourt , portant sur son bras , la capotté de Bl'ôndeau. )

DURAND

Monsieur , Monsieur. . . Les chouans!

BLONDEATT.

Les cliouniis ? Est-ce que ça te regarde ? pourquoi n'es- ta pas couché?

DURAND

J'allais vous faire la même question , mais c'est différent. Il m'est impossihle de dormir dans Peudroit où tous m'avez situé ; heureusement qu'à la cuisine j'ai trouvé quelques petites douceurs pour me refaire... Mais il paraît que toute l<i ville est en rumeur.

BtONDBAtr.

Qu*est-ce que ça me fait, à moi? Pourquoi vicns-tu nous effrayer ? C'est-à-dire, effrayer ma femme.

DURAND

Je vous apporte votre cupolte, à laquelle que j'ai remis un boulon à ce matin; car je fais de tout , dans cet o m.iison

ici Je n'étais pourtant pas né pour remettre les bou»-

tons.

BLONDEAU

Que veux-tu que je fasse de ma capôtte?

Dam'I vous (jui clés un chaud, un zélé, qui ne manquez pas une an»eule. . . {^Apart.) Le plus souvent, il laisse aller les autres , et puis il dit qu'il n'a pas pu les rattraper.

BLONDEAU

X^orand, "e suis marie. . . ça change ma position; avant d'êlr^ garde national, je suis citoyen. . . Je me dois à ma famille^ et certainement on peut bien se dispenser la nuit de ses noces. . .

VOIX . sous la fenêtre , en dehors.

Lieutenant Blondeau! lieutenant Blondeau!

BLONDEAU

Ilein ?

DURAND

Vous entendez , Monsieur, on vous appelle.

BLONDEAU

Que le diable les emporte!

DURAND

An fait, c'est à vous de commander la compagnie, vu que le capitaine est absent pour cause d'alibi.

AUGT7STINE.

Vous ne pouvez guère vous exempter... car enfin, vous

avez une place du gouvernement On u les yeux sur

vous. . . et vous avez des ennemis.

DURAND

Oh ! c'est vrai. Dans voire compagnie je connais des sergens et des caporaux qui ne peuvent pas vous souffrir; ça les vexe que vous soyez lieutenant provisoire.

AUGUSTINE

Ils ne manqueraient pas de profiler de votre négligence pour vous empêcher d'être nommé définitivement.

BLONDEAU

Vous croyez , cher amour. . , Vous avez peut-être raison , mais c'est bien de'sagréable Allons , puisqu'il le

faut, endossons la redingotte. ( Durand la lui passe. ) Je puis dire que je suis victime de mon patriotisme. . . Mou épée.

DURAND , la lui présentant.

Voilà, Monsieur.

BLONDEAU , tout en mettant son cpt'e.

Etre forcé de voler aux armes , abandonner son ménage pendant la nuit; car il faut que je découche. ., Mon chupeau à cornes.

DTJRAND , allant le chercher^ 11 est dans la chambre à coucher.

VOIX, en dehors.

LieuteDant Blondeau , on vous attend!

BLONDE AU

On y va.. . Sont-ils pressés.

DURAND, revenant.

Voici votre coiffure.

BLONDEAU , l'e'pée au côle\ le chapeau à cornes sur la lête , fait quelques pas d'un air grave , affectant le ton et la dt' marche d'un guerrier sous les armes. — A Durand. Eh bien! comment me trouves-tu?

DURAND , le regardant.

Quand on ne vous voit pas, c'est frappant.

VO^x, endeJiors.

Lieutenant Blondeau! lieutenant Blondeau !

BLONDEAU

Adieu, Augnstiae, je vole aux combats.

( // sort précipitamment.)

DURAND, courant après lui , avec la botte. ]y][oQsieur, Monsieur; et votre botte que vous oubliez.

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