‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 12 sur 112 · ACTE I, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE

Vous me le promettez sérieusement? Sur votre honneur?

GOURD

Va pour mon honneur.

GERMAINE

Et je veux encore vous dire autre chose. Mardi dernier, le jour où j'ai eu avec vous un premier entretien sur ce sujet, vous avez, comme aujourd'hui, dîné avec nous. J'étais nerveuse : je craignais que vous n'eussiez, malgré vos promesses, parlé à Jacques de tout cela.

GOURD

Et le lendemain je vous ai écrit pour vous rassurer. J'ai eu tort?

GERMAINE

Pas de m'écrire... mais de remettre ce billet insignifiant à ma concierge en lui recommandant de ne le confier qu'en mains propres. J'ai horreur de rien cacher à Jacques, même dans l'intérêt de son repos. N'aggravons pas les choses en faisant des mystères superflus.

24 LAPLUSFAIBLE

GOURDj après un temps.

Décidément je n'ai pas de chance. Je ne souhaite que votre bonheur et je vous mécontente. Bon! Je me tiendrai tranquille. Je ne dirai rien de ma découverte. Seulement je vous préviens que je n'abdique pas le droit de conseiller à Jacques, obstinément, ce que je crois être son devoir.

GERMAINE

Vous l'irriterez, voilà tout. Pourquoi me vouloir heureuse autrement, puisque je suis parfaitement heureuse?

GOURD

Et le bon Dieu? Et les chapelles favorites?

GERMAINE

Taisez-vous. Ma part de ciel, c'est Jacques : que le bon Dieu me pardonne!

(Un silence. Germaine joue avec le porte-plume. Gourd réfléchit puis va se regarder dans la glace, d'abord distraitement, ensuite avec intention. Il se retourne alors vers Germaine. Ce jeu de scène doit amener le spectateur à la sensation que, d'un commun accord, les deux interlocuteurs abandonnent le précédent sujet de conversation.)

GOURD

Comment me trouvez-vous habillé, Germaine?

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