ACTE I, SCÈNE III
VOUS absoudre. » — Et l'on a raison. C'est impossible.
GOURD
Eh bien ! au risque de me faire encore gronder par vous comme tant de fois, comme mardi dernier notamment, je reviens à l'idée qui m'est
chère. (Geste impatient de Germaine.) Pourquoi ne paS
essayer de rompre le lien qui vous attache à ce mari fantôme?... Puisque j'ai découvert que M. de Maucombe, qu'on croyait parti pour la Plata, n'a jamais passé l'Océan et qu'il était encore au Havre il y a quatre mois, avec une petite amie, ne pourrait-on suivre sa piste? On le joindrait, on lui proposerait un accord, le divorce serait prononcé contre lui. On trouverait bien un moyen de faire casser le mariage religieux et alors : Hymen! hyménée — rentrée en grâce avec le bon Dieu, chapelles...
GERMAINE
Une fois pour toutes. Gourd, laissons ce sujet.
Mais...
GERMAINE
Jacques m'aime, j'en suis sûre; il ne prévoit pas un terme à notre union, je l'espère... Mais, vous qui le connaissez, ne savez-vous pas qu'il s'effare de tout ce qui fixerait sa vie, de tout ce qui lui semblerait une chaîne?... Ah! loin de moi la pensée de lui en imposer une. Dût-il l'accepter, son amour pour moi s'allégerait de tout ce que pèserait la chaîne... Cela, j'en suis sûre. (Avec force.) J'en suis sûre !
GOURD, pensif.
Cela ne fait pas son éloge... Mais peut-être, après tout, avez-vous raison.
GERMAINE
Voilà pourquoi. Gourd, je vous ai interdit de raconter à Jacques que vous avez retrouvé la trace de M. de Maucombe, et même de poursuivre des recherches qui n'ont d'autre effet que de me troubler, sans aucun profit. Vous me le promettez?
GOURD
Naturellement. Je vous promets tout ce que vous voudrez.