‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 15 sur 112 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

pas une occasion de tourmenter les gens qui vivent en paix. On est tranquille : Espilly paraît, tout fermente. Quand donc trouvera-t-on un sérum contre des microbes pareils! Et toi, tu écoutes un tel sot?

JACQUES

C'est un sot qui fréquente ma famille, mon père, ma sœur... et qui leur parle de nous. Sérieusement, vous savez bien que je suis sûr de vous deux... Mais observez- vous devant Espilly, et même devant nos domestiques. Seuls avec moi, par exemple, vous pouvez vous tutoyer.

GERMAINE, allant à Jacques.

Je te demande pardon, mon chéri, si je t'ai déplu.

(Jacques l'embrasse sur le front, puis va s'asseoir à sa table.) GOURD

Il ne s'agit pas de vous, vous le savez bien. La leçon est pour moi. Jacques a la manie de m'en donner. Pion! va...

JACQUES, feuilletant les pages.

Je te gronde parce que je te veux du bien... Tu dînes avec nous?

GOURD Naturellement. (Il considère Jacques avec attention, puis s'adressant à Germaine.) C'eSt drôle... c'eSt la même

jaquette, la même cravate, ou peu s'en faut, et ça a un autre air. (A Germaine.) On voit bien que vous l'habillez.

JACQUES, à Germaine.

Comme tu as travaillé!

GERMAINE, s'approchant.

Es-tu content?... Tu ne m'en veux plus?

JACQUES Je t adore. (Il l'embrasse. Gourd va à la fenêtre, — avec

affectation.) Tu peux revenir, va, ce sont des baisers d'après-midi, ça ne dure pas. Et puis, devant toi!...

GOURD

Oui... Moi je suis un meuble... On ne se gêne pas pour moi. Je ne compte qu'en présence d'Espilly et des domestiques.

JACQUES, à Germaine.

Qu'est-ce qu'il y a pour dîner? (Montrant Gourd.)

Il est gourmand, tu sais.

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