ACTE I, SCÈNE VI
LEBRUN
Oui... C'est un arrangement récent, très commode. La rue Montmartre, où j'ai mon étude, est si éloignée de notre maison de la rue des Belles- Feuilles...
JACQUES
En effet... (Un silence.) Et Pauline, ma gentille nièce, est toujours en pension?
LEBRUN
Oui, toujours... Figurez-vous qu'elle s'est fait priver de sortie, le mois dernier, parce qu'on a trouvé, sous son traversin, le premier volume de votre livre : Taris sous le Directoire. Vous savez qu'elle raffole de son oncle?
JACQUES
J'ai beaucoup d'amitié pour elle, moi aussi.
LEBRUN
Avec cela, comme elle est un peu romanesque...
JACQUES
Ça lui passera, n'ayez pas peur... Sa maman
yo LA PLUS FAIBLE
lui fera passer ça... (Un temps.) Qu'est-ce qui me vaut votre visite, mon cher Lebrun?
LEBRUN
Ce qui m'amène auprès de vous est assez pénible à dire.
JACQUES, naturel.
Je ne m'attendais pas à des communications particulièrement agréables. Ne vous gênez pas.
LEBRUN
Voici... Nous sommes fort inquiets, Angélique et moi, au sujet de MJierval.
JACQUES
Mon père est souffrant?
LEBRUN
Non! Il se porte à merveille, au contraire!... d'une jeunesse surprenante. Il n'est même... que trop jeune. Vous me comprenez, n'est-ce pas?
JACQUES
Pas le moins du monde. Expliquez-vous.
LEBRUN
Eh bien!... Vous savez que M. Nerval a toujours