ACTE I, SCÈNE VI ff
je le suis devenu malgré lui. Il ne m'est pas extrêmement cher. Mais il est mon père, et je ne lui ferai pas l'affront de le mettre en tutelle, dût-il manger jusqu'à son dernier sou.
Et M"^^ Nerval?
JACQUES
La fortune de ma mère est dotale. Je m'en | rapporte à Angélique et à vous pour empêcher papa d'y toucher. Et si ma mère se laisse ruiner, elle trouvera toujours ici une place... la première. Elle le sait bien... Et peut-être y serait-elle plus heureuse que chez elle.
(Un silence. y
LEBRUN
Alors, vous refusez de vous unir à nous?
JACQUES
Non seulement je refuse, mais je m'opposerai de tout mon pouvoir à votre entreprise... Mieux vaut que vous le sachiez dès à présent.
LEBRUN, amer.
C'est bien. (Un temps.) Angélique avait raison.
^6 LAPLUSFAIBLE
JACQ^UES
En quoi?
LEBRUN
En m'avertissant à l'avance que ma démarche était inutile.
Angélique devait, en effet, prévoir ma réponse. Elle me connaît.
LEBRUN
Et puis, comme elle me le disait, vous ne pouviez, sans vous condamner vous-même...
JACQUES
Je ne vous comprends pas...
LEBRUN, reculant un peu.
Dame! il est clair... qu'entre votre père et vous, il y a une certaine similitude de situation qui...
JACQUES, lui prenant le bras.
Lebrun!
LEBRUN, adouci.
Mais, mon cher Jacques, je n'ai aucune intention de vous offenser...
JACQ.UES, sec.
Je l'espère bien. Restez-en là, croyez-moi... et séparons-nous.
LEBRUN
Vous me renvoyez?
JACQ.UES
Nous n'avons plus rien à nous dire pour aujourd'hui; il vaut mieux que vous retourniez chez vous.
LEBRUN, allant vers la porte.
Mais...
JACQUES
Retournez chez vous, Lebrun!
LEBRUN
Bien... Alors... je vous quitte... Au revoir!...
JACQUES
Au revoir!...
(Lebrun sort. Jacques regarde la porte qui s'est refermée. Geste de mécontentement. Il sonne. Sidonie entre par le fond de la scène.)
y8 LA PLUS FAIBLE