‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 4 sur 112 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

on envoyait le paquet par la poste? Monsieur, autrefois, envoyait toujours ses épreuves par la poste.

Il sera plus rassuré si vous les portez directement. Ah! Rémi, autre chose: n'oubliez donc jamais, le matin, de remplir cet encrier et de nettoyer à fond les menus objets sur cette table de travail. Monsieur a trouvé aujourd'hui son encrier vide... et regardez... comme tout ceci est mal entretenu.

RÉMI, mécontent.

On fait pourtant de son mieux, Sidonie et moi. Du temps que Monsieur était seul, il ne se plaignait de rien.

GERMAINE

Eh bien, maintenant qu'il n'est plus seul, il se plaint : il se plaint à moi. (Silence.) Sidonie est là?

RÉMI

Elle vient de rentrer de ses emplettes.

GERMAINE

Dites-lui que M. Gourd dînera probablement

avec nous ce soir. J'attends un mot de lui... Qu'elle fasse, comme entremets, une mousse pralinée glacée.

RÉMI

Pour sûr que la mousse pralinée glacée, M. Gourd ne la jette pas par la fenêtre.

GERMAINE

Quand Sidonie aura pilé les pralines, avant de les mélanger avec les blancs d'œufs dites-lui de me prévenir.

RÉMI

Entendu. On préviendra Madame.

(Il se dirige vers la porte. Germaine s'est remise au travail. Rémi, sachant qu'il n'est pas vu, hausse les épaules en la regardant. Avant qu'il soit sorti, on sonne.)

GERMAINE

On sonne. Ne recevez pas : Monsieur est sorti.

RÉMI Bien, madame. (H ouvre la porte pour s'en aller.) Ah!

Sidonie a ouvert. (H écoute, puis paisiblement.) Ce n'est que M. Gourd.

(On entend Gourd parler avec la cuisinière, puis il arrive.)

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