‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 58 sur 112 · ACTE II, SCÈNE VII I I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VII I I

Dites qu'on me laisse entrer, madame... oh! dites!...

ANGÉLIQUE

Mère!

MADAME NERVAL, hésitante, troublée.

C'est... cette dame?...

ANGÉLIQ.UE

Oui... Mais ne reste pas ici, mère, je t'en prie.

(Germaine s'est accrochée aux vêtements de madame Nerval.) GERMAINE

Non, ne partez pas! Je vous en conjure. Si vous partez, on me repoussera, on me renverra. Laissez-moi vous accompagner auprès de lui. Je le soignerai avec vous... Madame!... Madame!...

ANGÉLIQUE

De grâce, maman, retourne auprès de Jacques!...

MADAME NERVAL, très émue.

Vous voyez... madame... ce que vous demandez ne dépend pas de moi.

(Germaine se jette à ses pieds eu sanglotant.)

GERMAINE

Si, madame, cela dépend de vous... Dites que jl vous le voulez... Ne me renvoyez pas... gardezmoi... ou bien, tenez... je m'en irai après, tout de

suite... (A genoux, elle se retourne à demi vers Angélique.)

C'est vrai... Je vous le promets : je m'en irai... tout de suite. Je ne resterai que le temps de le regarder et de l'embrasser... Non! je le regarderai seulement... et puis je m'en irai!... Je m'en irai, puisqu'on ne veut pas de moi... Mais je le verrai au moins, je le verrai, mon Jacques... mon chéri, je le verrai!...

(Sa voix sombre dans des sanglots.)

MADAME NERVAL, émue.

Voyons, Lebrun... Est-ce qu'on ne pourrait pas... un instant...

ANGÉLIQUE

Lebrun!

LEBRUN, avec une fermeté très polie.

Madame... Cette discussion est pénible. N'insistez pas. Notre résolution est formelle.

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