‹ La plus faible; comédie en quatre actes, en proseChapitre 60 sur 112 · SCENE Vin · texte numérisé non relu

SCENE Vin

Les Mêmes, moins GERMAINE.

NERVAL

Pauvre femme ! c'est dur tout de même.

MADAME NERVAL

Oh! c'est affreux... Elle a vraiment l'air d'aimer Jacques. Elle m'a fait mal à voir.

ANGÉLIQUE, descendant vivement vers madame Nerval.

Mais, maman, notre devoir est de défendre Jacques contre elle, coûte que coûte!

MADAME NERVAL

Eh bien! Dieu sait que je condamne cette femme qui vit irrégulièrement, qui a détourné mon fils du droit chemin. Mais elle l'aime... elle ne ment pas... Pourvu que nous ne fassions pas de mal à Jacques en ne la lui laissant pas voir! Tout à l'heure, dans son délire, il la nommait, il l'appelait.

ANGÉLIQUE

La lui laisser voir? Ce serait de la folie. Il ne doit même pas se douter qu'elle est venue. On ne pourrait plus le tenir ici, et, tu sais ce qu'a dit le docteur : si on le transporte, il est perdu.

NERVAL

Tu entends, Louise. Fais-moi donc le plaisir de tenir ta langue, de ne pas dire à Jacques que M"*^ de Maucombe est venue.

ANGÉLIQUE, à sa mère.

Plus tard, quand il sera guéri, on le renseignera. Mais sa tranquillité est aujourd'hui une question de vie ou de mort... Songes-y, maman!

Page 1